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Journal > Les auteurs |
Les récits de Arpiné Grigoryan
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“Mon lapin” (Les animaux et nous…)Mon lapin s’appelait Achot, du nom de mon oncle qui l’avait trouvé. Le lapin était blanc, avec les pattes noires, le ventre et les oreilles gris et les yeux rouges. Il était très sociable et il mangeait tout ce que nous lui donnions. Il croquait les carottes, le blé, les feuilles du raisin ; il mangeait même les plantes de notre maison. Nous étions obligés de le mettre dans une boîte, où il mangeait et dormait. Pendant la nuit, il ouvrait la boîte et sortait en nous faisant peur. Un jour il avait croqué le fil de l’ordinateur de mon père. On lui a été obligés de l’emmener dans la villa de l’ami de mon père. Quelques jours après, nous avons su qu’il était mort. On lui manquait.
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“Ma grand-mère” (Ma famille)Ma grand-mère s’appelle Léna. Elle aime bien regarder les feuilletons 2 fois. Je vais vous dire pourquoi :pendant les feuilletons, il arrive que quelqu’un téléphone ou qu’elle s’endorme. Ma grand-mère aime imiter les danses de ma sœur et les miennes. Cela fait rire toute la famille. Parfois elle se sent comme une fille de 20 ans. Quand nous avons fait réparer notre appartement ma grand-mère a essayé de déplacer l’armoire que même deux hommes ne pourraient pas soulever. Il y a peu de temps, elle a dit: “ Quel dommage, je n’ai pas mangé du pain salé cette année” (tradition arménienne des jeunes filles). Tout le monde aime le café que prépare notre grand-mère, il s’appelle “le café de grand-mère”. Si on perd quelque chose dans l’appartement, soyez sûrs qu’elle va le trouver, même ses yeux voient mal. Et puis, elle confond toujours nos prénoms. Elle récite les prénoms de tous ses enfants et petits-enfants jusqu’à ce qu’elle se tombe sur les notres: - Vatchik, Achot, Anouche, Gouhar, ah non, Arpiné prends le téléphone. Je dois dire que parfois elle se trompe de prénoms. Bien sûr, ça ne plaît pas à Gohar. Elle lui dit : - Mamy, je ne suis pas Gouhar, mais Go-har, d’accord ? Mais elle l’appelle Gouhar quand même, comme toujours, en disant que ça ne fait rien.
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sans titre (Un peu de moi)J’ai déjâ 15 ans et je m’intéresse presque à tout. J’aime écouter la musique et aller aux expositions. Mes parents se sont toujours occupés de moi. Ma sœur est encore petite et elle n’aime pas aller aux exposition. Mon amie ne s’intéresse pas à l’art et je peux pas y aller seule. Souvent on ne me comprend pas dans la famille. Par exemple quand je me dispute avec ma sœur, on se fâche contre moi à chaque fois. Quand je veux m’expliquer, me justifier, on ne m’écoute pas. J’aime lire des livres sur les OVNI, les âmes et les phénomènes inexplicables. J’aime bien regarder le film X-files. Je m’intéresse aux secrets de l’univers, à la science, à l’histoire, à la photographie, aussi qu’aux ordinateurs et à internet. J’aime écrire. Quand je suis libre, j’écrire tout le temps. J’ai un cahier depuis dix ans où j’inscris des événements intéressants. Je n’aime pas les soirées bruyantes parce qu’elles sont pleines des jeux idiots et de cancans. Je préfère rester à la maison, regarder le télé ou lire quelque chose. Quand je vais quelque part je suis en retrait. J’ai peu d’amies et elles ne me comprennent pas bien. Elles ne comprennent pas le sens de la lecture, de la musique contemporaine, des films. Mon prof s’étonne quand elle regarde mon cahier plein d’images de mes chanteurs préférés. Elle dit : - Je sais que tu lis pendant toute la journée.
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“Des histoires liées à la vie scolaire” (Ecole)Mes amis de classe et moi, avions décidé de nous séparer de notre professeur de maths, car elle enseignait mal, elle ne nous apprenait presque rien .Je ne sais pas c’était de notre faute ou bien celle de notre institutrice,mais pendant les leçons de maths nous nous ennuyions.Il y avait déjà 3 ans qu’elle nous enseignait et répètait la même chose en nous promettant,que l’année prochaine elle ne nous enseignerait plus. Mais chaque année à la rentrée elle entrait dans notre classe et disait d’un air joyeux en plaisantant: -Bonjour les enfants! je suis votre nouvelle institutrice. Et nous répondions d’un air joyeux: -Bonjour, Mme Pétrossyan. Nous faisions beaucoup de bêtises.Très souvent sa robe était blanchie de craie, que nous mettions sur sa chaise.Lorsque ce n’était pas de la craie nous y mettions des clous.Une fois sa robe était ornée de décalcomanies, que nous avions mis sur sa chaise. Fâchée elle était sortie de la classe.Une autre fois nous avions dessiné mê les élèves ctaient à leur place.Le directeur était sorti de la classe étonné.Quelques jours après elle était revenue dans la classe comme si de rien n’était.Je suis maintenant en neuvième et elle continue à nous enseigner.
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“Une lettre suppliante” (Lettres, ..)Mon cher papa, j’espère que tu te réveilleras plus tôt que Djéko, parce que la dernière fois que j’avais mis ma lettre dans tes pantoufles, je pense que tu te rappelles ce qui s’est passé…Quand tu commenceras à lire cette lettre, je serai déjà à l’école. Lis-la s’il te plaît, assis, et dit à Evéline de t’apporter un verre d’eau. Je veux te donner la liste de tout ce dont j’ai besoin pour le dernier jour d’école et la soirée de fin d’année. Tout d’abord, j’ai besoin d’une robe de soirée ; tout le monde en a déjà acheté une, et moi, je suis la dernière “sans tenue”. Mes amies disent que pour une belle robe, il faut au minimum 150 dollars, mais 100 dollars ça suffit pour moi. Avec une nouvelle robe, il faut bien sûr des nouvelles chaussures. Pour ça, 50 dollars. Tout le monde a acheté déjà des bijoux. La chaîne en or que nous avons vu dans le catalogue, je pense qu’elle ira avec la robe que j’ai déjà choisie. Et ces boucles d’oreilles qui coûtent 30 dollars. Ce serait bien si nous achetions également une belle bague et un bracelet. Avant le dernier jour, je dois aller faire une manucure. Ce sera la première de ma vie. Il y a un salon de beauté où ils font très bien les ongles. Avant d’aller au restaurant, je dois me coiffer, aussi pour la première fois. Pour cette soirée, tout le monde doit s’habiller en blanc et en noir. Je n’ai ni l’un ni l’autre, puisque je ne mets jamais de chemise blanche ni de jupe noire. Je veux que celles que j’aurai pour la soirée soient spéciales. On doit tous donner 20 dollars pour la fête de fin d’année au restaurant. Je vous invite, toi et maman, vous pouvez venir au restaurant, mais chacun de vous devra payer 20 dollars. Aujourd’hui le professeur principal viendra pour nous dire combien il faut donner pour les cadeaux des profs, pour les fleurs etc. Si en lisant, tu es arrivé jusque là , alors c’est bien déjà. Tu n’auras pas besoin de calmant. Mais c’est seulement la moitié. Je ne suis pas arrivée à tout écrire, je suis en retard de l’examen. On nous a aussi demandé de l’argent pour les fleurs de l’examen. Mais je ne l’ai pas encore donné. P.S. Papa, tu veux que la soirée de ta fille soit inoubliable ou pas ?
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“La création après l’inondation” (Les étrangers, les réfugiés, les émigrants... un de nous)Un calme inhabituel dominait dans les foyers étudiants de Nork. La session d’examens d’été était déjà finie. Un groupe d’enfants jouaient dans la cour de l’internat. A ce moment, nous faisions l’interview de Vacthatsan Mathévossyan. Nous étions installés dans sa chambre, donnée par l’administration de l’internat. Lui aussi, il était réfugié, enfuit d’Azerbaïdjan pendant la migration forcée. Sa petite chambre était ornée des statuettes en bois, de gravure et d’estampes qu’il avait confectionnées. En revenant de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, il s’était installé dans la maison de repos de Dilidjan qui, selon ses paroles, se trouvait au bout du monde. Il voulait y entreprendre quelque chose pour pouvoir soigner sa sœur cadette et sa mère qui étaient gravement malade. Il a décidé de se mettre à l’art, parce que c’était l’unique moyen d’oublié des violences. Il préparait des statuettes et des gravures en bois, et il les vendait. Après la mort de sa mère, il est allé à Erevan, la capitale de l’Arménie, avec sa sœur cadette. Ici, à Erevan, on lui avait donné une chambre du foyer étudiant pour y habiter provisoirement. Aujourd’hui, il se peut qu’on le fasse sortir de cette chambre. Malgré les mauvaises conditions de son logis, il n’a pas cesser de faire son son art. Il espère qu’un jour, il aura la chance d’ouvrir sa propre exposition. A la fin, quand nous l’avons quitté, il nous a offert une de ses œuvres. Nous voulons vous lui donner les coordonnées d’une femme qui était aussi réfugiée, et qui habitait aussi dans le même internat. Elle s’appelle Emma Petrossyan. Elle est écrivain. Ses conditions de vie ne sont également pas agréables. On ne lui a donné qu’une chambre étroite et mal meublée. Elle n’a qu’un bureau sur lequel elle travaille et un lit qui a fait la guerre. Récemment, le recueil de ses «Aphorismes» a été publié. Maintenant elle s’occupe de la vente de ses livres. Emma est une femme sage. Elle a vécu une vie pleine de rebondissements et pleine de difficultés qui sont condensés dans ses aphorismes. En voilà quelques uns : «Ce qui est déjà abjuré ne va pas t’aider» «Celui qui dédaigne les mérites d’autrui n’a pas le respect de lui-même» «En négligeant les défauts de ton adversaire, tu dois aussi tenir compte de ses mérites».
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