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Les récits de Arsén Babadjanyan

Les récits de Arsén Babadjanyan

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“Demain il n’y aura pas de guerre (une histoire fantastique)” (La jeunesse et la paix)

Le son perçant de la cloche a troublé le silence. C’était la récréation. Les camarades de la classe des grands se sont réunis dans leur place préférée. - Je suis fatigué de ces leçons - a dit Edgar. - Surtout de la chimie – a acquiescé Aram. On ne pouvait pas parler parce qu’on était de mauvaise d’humeur. -Où est Karén? - comme si c’était lui qui était coupable. - Il est tombé amoureux – a indiqué Michel. - De qui? - D’une fille de l’autre classe. Elle s’appelle Anne. - Oui je la connais. Edgar vient, peut-être qu’il n’a pas tout dit - a grommelé Edgar, puis il s’est adressé à Karén, qui s’approchait. - C’est vrai n’est-ce pas? - Quoi? - Est-ce que tu es tombé amoureux ? - Je ne sais pas encore. Ne dites rien à personne. Pourquoi êtes-vous ici, sortons de l’école! Edgar a sorti une cigarette. - Avez-vous regardé le football? - Non, nous n’avions pas de la lumière dans notre quartier. Hier on a explosé la station électrique. Personne n’a répondu. Soudain le petit frère de Karén est venu et il a regardé la cigarette de son frère, troublé. Tout à coup leurs regards se sont rencontrés. - Ne dis rien à maman. - Armén sais-tu que je ne veux pas aller à l’école ? Je veux rentrer à la maison – a dit Edgar pour troubler le silence. - Aujourd’hui on ne devrait pas faire de leçon - a dit Karén. - Quelle différence qu’on soit ici ou à la maison? - Mais comment? L’école est le futur de chaque pays. Une vraie cible. - Même l’ennemi le plus cruel a pitié, calme-toi! - J’ai entendu qu’on cambriolait les magasins fermés dans l’avenue du Nord - a dit Michel. - Il n’avait presque pas d’hommes dans la rue. - Ma mère ne voulait pas qu’Armén aille à l’école - a dit Karén. - Il n’y a pas toujours pas de lettre de ton père? - a demandé Edgar anxieusement. - Non, pas encore. Est-ce qu’on l’a emmené aussi à la guerre? - a demandé un garçon de l’autre classe. Armén a caché sa tête derrière les garçons plus grands que lui. - Je ne le sais pas. J’espère qu’il viendra – a-t-il tenté de le consoler. Pourtant hier, ces deux garçons se disputaient à cet endroit même. - Pourquoi tu es avec les grands? - Karén voulait cacher son émotion. - Vas en classe! - Il vaut mieux rentrer à la maison - a dit Edgar avec mécontentement – Ici, on va nous obliger à mettre un masque à gaz, puis on va nous expliquer comment se cacher pendant le bombardement. Tentons le coup! Je ne veux pas vivre effrayé. - Près de l’entrée, les garçons se sont éloignés d’Edgar. - A bientôt – a-t-il dit - j’espère que nous nous verrons demain. - Karén! Dis absolument à Anne que tu l’aimes! Peut-être que demain tu ne pourras le faire… Edgar a laissé sa phrase en suspens. Karén regardait derrière lui, après le bombardement de la nuit passée, il se retrouvait seul dans la rue enfumée.


17 ans


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