|
||
![]() |
||
|
|
||
|
|
||
|
Journal > Les auteurs |
Les récits de Elène Gulnazaryan
|
“Les homes tristes de notre cour” (C’est Erévan, je suis dans ma maison)Notre quartier est très petit. Ses bâtiments se ressemblent et sont mornes. Le matin, notre cour est vide. On peut voir seulement quelques gens qui vont à la station pour prendre les minibus. Ensuite, les kiosques s’ouvrent les après les autres. On entend les voix des enfants qui achètent du pain. - Père Sourik, vous n’avez pas de pain? - Pour toi, nous en avons toujours - répond chaleureusement le père Sourik et il me tend le pain. En un instant la cour se remplit d’élèves allant à l’école. Derrière ces élèves, on voit les élèves de la classe des grands qui ne portent pas de cartables ; ils n’ont qu’un cahier dans leurs mains. Quelques élèves des grands vont à l’école avec leur voiture. Ils mettent la musique très fort et ils passent sans garder les feux, en faisant signes aux filles. Quand la classe commence, la cour se vide. Le cordonnier Arsén qui porte toujours un tablier, ouvre sa boutique orange, où on joue toujours au trictrac. A midi, Mamy Arév vend des fruits sur le trottoir. Elle sourit toujours et me dit souvent. Dieu te garde mon petit. J’aimerais ajouter que dans notre quartier, il y a la caserne des pompiers. Leur cour est la plus grande. C’est pourquoi les garçons jouent souvent dedans. Mais leur jeu est interrompu quand on entend le signal de la voiture pompier. Ces voitures rouges ont un son très particulier. J’ai l’impression que c’est un tremblement de terre. L’après-midi les enfants sortent jouer. On entend souvent la voix de Manan. « Comme vous êtes jaloux! » Un enfant crie toujours à sa mère « Maman, maman! » . A vrai dire, je ne connais pas son nom. Je sors toujours avec mon chien. Il est très gentil mais il fait un peu peur à voir. Une jeune femme qui se promenait avec son bébé, m’a dit. - Eloigne ton chien d’ici, nous avons peur de lui. Les grand-mères cancanaient derrière moi. Un jour j’ai entendu comme elles ont dit : « Voyez cette fille! Comme son chien est moche ». Je n’ai pas fait attention à elles. Qu’est-ce que je peux y faire si nos voisins n’aiment pas des animaux. Je pense que c’est pour cela que la plupart ont un visage morne.
^ haut de la page |
“L’ancien quartier de mon grand père” (C’est Erévan, je suis dans ma maison)- Qui est cet homme papi? - ai-je demandé. - C’est un de nos garçons. Le mot « garçon » m’a étonnée. Nous nous trouvions dans la cour d’enfance de mon grand-père. Il y avait beaucoup de maisons anciennes. Ça ne m’a pas plu. Nous nous étions arrêtés devant une maison détruite. - C’est la maison de mon oncle - a-dit mon grand-père - Il est mort. C’est mon ami qui y habite. Ensuite il a appellé son ami et ils ont commencé à causer de leur jeunesse. Un peu plus tard, la cour était plein de grand-pères qui ne s’étaient pas vus depuis longtemps.
^ haut de la page |
sans titre (Un peu de moi)Certaines personnes ne me comprennent pas. Et moi, je ne les comprends pas non plus. Ce sont mes amis, mais que faire ? Je ne sais pas si je suis gentille ou non. Je n’aide pas mes amis pendant les contrôles. J’aime être indépendante. Mes amis ne se sentent pas bien avec moi. J’ai beaucoup d’amis, mais peu de vrais amis. Je suis très paresseuse. Les profs disent que si je travaille je serai plus professionnelle. Je n’ai pas envie d’être assidue aux cours. J’apprends seulement quand il y a un danger. On dit que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Par exemple, j’aime écouter la musique ancienne et j’accorde peu d’importance aux vêtements. J’ai un prénom étranger. Autrefois je ne l’aimais pas. Personne n’a un nom pareil. C’est bien d’être unique.
^ haut de la page |
“Mes tristes fêtes” (Une fois chez moi…)C’était l’hiver. Il faisait froid. A la veille du Nouvel an, ma mère s’était occupée du ménage. Mon frère répétait sans cesse qu’il allait recevoir le plus beau cadeau du père Noël. Je l’écoutais attentivement mais moi, je n’espérais pas que le père Noël m’apporte un beau cadeau. Nous étions le 31 décembre. Tout le monde se préparait à cette fête. Ma mère était toujours à la cuisine, mon père l’aidait, tandis que mon frère sautait sur le canapé. Un peu plus tard ma mère nous a dit: -Les enfants, il est minuit moins le quart, dépêchez-vous! Nous nous sommes précipités et en quelques minutes nous nous sommes mis à table. Les douze coups de minuit ont sonné. Nous avons échangé nos vœux de Nouvel an. Comme j’avais sommeil, je suis allée me coucher. A côté de ma chambre, il y avait celle de mes parents. Leur fenêtre était ouverte. J’y suis entrée pour la fermer. Soudain j’ai remarqué un paquet de couleur mais je ne l’ai pas ouvert. Quant je me suis réveillée le lendemain matin, j’ai regardé tout de suite sous mon oreiller : pas de cadeau. J’ai couru à la salle à manger et j’ai vu sous le sapin le paquet que j’avais vu hier. Je suis restée étonnée et ravie. Puis je me suis souvenue que les enfants plus âgés se moquaient de moi: -Vous voyez, quelle idiote, elle croit au père Noël. Je me sentais vexée. Je me suis pas approchée du paquet: je me suis retirée silencieusement. Mon père et ma mère n’ont rien dit. Peut-être ont-ils compris que je savais maintenant la vérité. Une heure après, ils m’ont regardé tristement et ils ont dit: - Qu’est-ce qu’il t’a offert le père Noël? - Une machine à coudre -s’est écrié mon frère. Je ne me souviens pas à quel âge c’était mais je me rappelle bien que cette fête a été triste pour moi. Après ce jour, j’ai commencé à expliqué à mon frère: -Raphie, tu sais que le père Noël n’existe pas. -Non, qu’est-ce que tu dis, c’est sur qu’il existe. -On te ment Raphie, il n’existe pas ce père Noël. On a discuté ainsi longtemps. Les années ont passé. Mon frère a grandi. Il a eu 10 ans. Et ses amis lui ont fait comprendre qu’il n’y a pas de père Noël ni de cadeau venu de L’Aplandy.
^ haut de la page |
“A ce moment, à ce lieu” (A ce moment, en ce lieu)Le ciel est bleu et clair aujourd’hui. Tout est ordinaire. Et je crois que c’est la paix qui domine maintenant. Il y a beaucoup de gens dans les rues, certains se dépêchent d’aller au travail, d’autres se promènent. Et moi, je regarde le ciel calme et je pense:”Que tout est paisible!” Mais quand je pense au monde, à son présent et son passé, je comprends que tout n’ai pas si paisible. Il y a beaucoup de gens qui meurent en ce moment. Il y a des gens qui regardent le ciel bleu pour la dernière fois. Le monde n’a jamais été paisible. La Terre non plus, elle ne l’a pas été dès la création de l’ être humain. Mais pourquoi? Parce que chaque être humain, chaque pays ne pense qu’à lui-même, à ses profits, mais ne l’avoue jamais. « Pour la Patrie », c’est une devise qui déguise les guerres et les méfaits. L’égoïsme est plus puissant que la patrie. Par exemple, Alexandre Macédonien, dont les profits des expéditions étaient très personnels, ne songeait pas du tout à sa patrie, la Macédoine. Il n’imaginait pas qu’après sa mort l’ennemi allait se venger. On emmène le peuple au champ de bataille contre sa volonté et on apelle ça « pour la patrie ». Peut-être que moi aussi je ne pense qu’à moi-même, quand je regarde le ciel et je me dis: « Quel calme! » En réalité, rien n’est calme. J’aimerais simplement regarder le ciel par la fenêtre et dire: « Quel bonheur aujourd’hui, tout est paisible, le ciel aussi ».
^ haut de la page |
“Personne ne me comprend” (A ce moment, en ce lieu)Je suis assise sur le rebord de la fenêtre et je pense à quoi écrire. Je ne sais pas. Aucune idée. Tout me dérange. J’ai ouvert la fenêtre, maintenant c’est le bruit qui me dérange. Et en plus, le chien aboie. Non, tout ça m’énerve beaucoup. - Tais-toi,Grég – ai-je crié sur mon chien. Mais en vain, car Grég continuait à aboyer. Il avait faim et il voulait manger. Puis le bruit du réfrigérateur a commencé à me taper sur les nerfs. Ensuite, mon frère a commencé à chanter. Je ne pouvais plus supporter tout ça et je me suis écriée : - Taisez- vous! - Tu sais que tu ressembles à une prof fatiguée et ennuyante - a dit mon frère en plaisantant et il a commencé à chanter plus fort. Non, ce n’est pas bien, je ne peux pas réfléchir maintenant! Ça y est, j’ai décidé. Je sais ce que je vais écrire! Mais comment n’y avais-je pas pensé avant ?Je vais écrire sur une rencontre. Je pense que c’est très bien. Mais non, attendez! Quel rendez-vous? - Elène, prends le téléphone - a dit ma mère. - Mais non!, il ne manquait plus que cela - ai je gromelé et j’ai pris le téléphone. C’était mon amie Lilit: - Allo,bonjour Lilit,qu’est-ce qu’il y a? - Bonjour Elène, je voulais dire qu’il y a un bon clip à la télé - a dit Lilit. - Quel clip? Je n’ai pas de temps - et j’ai racroché. J’étais tellement évervée et fâchée, que j’ai crié de me laisser tranquille et j’ai fermé la porte de ma chambre. Peut-être qu’il se passe quelque chose e ou c’est que tout va mal. Il vaut mieux me dormir et je me suis couchée. Et voilà, je n’ai pas écrit sur la rencontre.
^ haut de la page |
“Le jour le plus printanier” (Les histoires de printemps)C’était le mois novembre. Il faisait très froid. Ce jour-là, il neigeait pour la première fois. Une animation inquiètante regnait au sein de ma famille. Tout le monde se dépêchait : - Que penses-tu, ce sera quoi ? - Je ne sais pas, Dieu seul le sait. Tout le monde pensaient à cela. Mon père allait et venait avec grande inquiétude. Quand ma mère le regardait, il essayait de sourire. Dans la rue les passants ne souriaient pas, ils étaient tristes à cause du mauvais temps. Mais chez nous, il faisait un temps différent : - Il est l’heure d’y aller - dit mon père - dêpéchez-vous! Il a respiré profondémment et, en prenant la main de ma mère, il est sorti. Les autres members de la famille l’ont suivi. Je suis née ce jour-là. Je voyais pour la première fois ma mère qui souriait, la neige qui tombait, mon père qui était nous offrait un gros bouquet de fleurs. Malgré le mois novembre c’était le jour le plus important le plus printanier de ma vie.
^ haut de la page |
“Morge Témour” (Mon voisin)- Je l’ai vu aujourd’hui. - Qui? - Le «Morge» qui est toujours à moitié nu. Le «Morge» est mon voisin. Il s’appelle Témour. «Morge» c’est son pseudonyme qui veut dire que c’est un homme qui à un corps endurci. Chaque matin, il course à moitié nu. Puis, il fait des exercices physiques. Après la course, il prend une douche froide et il commence sa journée. Il s’occupe de tous les arbres de notre cour. C’est même lui qui a préparé le petit pavillon au bout de notre cour. Il a un terrain à la campagne avec des arbres fertiles. Quant les fruits mûrissent, on le voit toujours rentrer chez lui un seau plein de fruits à la main. Il les distribue aux enfants avant d’entrer à la maison. Il n’oublie jamais de soigner ses arbres. En hiver, après sa course matinale, le papy «Morge» nettoie la neige de la cour. Puis, il va se promener avec son petit-fils. Je pense que quand les arbres de la cour seront devenus grands et somptueux, le papy «Morge» les regardera et dira: - Ah, très bien, les enfants s’amuseront bien sous leurs ombres.
^ haut de la page |
“C’était l’abri des réfugiés” (Les étrangers, les réfugiés, les émigrants... un de nous)- Elène, allons chez nous aujourd’hui. Je te montrerai ma chambre. On l’a refaite récemment. Elle est très belle maintenant - m’a dit mon camarade de classe. - D’accord, mais il faut que je prévienne ma mère. - Alors, allons à l’internat, nous pouvons appeler à ta mère Et nous nous sommes dirigées vers l’internat. Avant, cet édifice était un foyer d’étudiants. Mais aujourd’hui, ce sont les réfugiés qui y habitent. Nous entrées dedans. Il faisait très sombre. Ca ressemblait à une prison. Nous sommes montées au deuxième étage par les escaliers à demi en ruine. Là, il faisait plus sombre. C’était un long couloir, avec des murs lézardés à cause de l’humidité. Là, le linge était étendu. Contre le mur opposé, à coté de la lessive, il y avait un berceau où un enfant pleurait. Tout à coup, on a entendu un bruit : la porte de la dernière chambre s’est ouverte et j’ai vu sortir un homme. Puis deux hommes l’ont rejoint, et tous les trois ont commencé à allumer le feu. Après quelques minutes, le couloir s’est rempli de lumière. Nous avons vu les gens qui sortaient des chambres situées le long du couloir. Ils se sont réunis autour du feu et une conversation à commencé entre eux. Les hommes parlaient des injustices du monde et les femmes, épuisées, partageaient l’opinion de leurs maris.
^ haut de la page |
Copyright © 2002-2005. “Manana” Youth Educational - Cultural Center NGO. Tous droits réservés Envoyez vos commentaires et propositions au webmaster. |