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Les récits de Esthère Babadjanyan

Les récits de Esthère Babadjanyan

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“Zaquar Achot” (Lettres, ..)

- Comment t’appelles-tu? - Zaquarik. - Comment? - Zaquarik. - Comment? - Achotik, avait répondu Zaquarik. Il avait deux ans. Il était très fâché contre la vieille qui s’était approchée de lui dans l’autobus, car elle entendait mal. Zaquarik avait maintenant cinq ans et desinnait très bien. Iquelues temps auparavant, avait ouvert son exposition à la maternelle. - Mais qu’est-ce qu’il peint? - Des animaux. Bien que son animal préféré soit le rhinocéros, de couleur verte, ce sont les éléphants, le bleu et le rouge qui dominent. Il a commencé à peindre à l’âge de deux ans et son premier animal a été la mouche qui à l’époque était la chose la plus facile. Mais les titres étaient plus étonnants et amusants: « La présomption de l’âne », « L’herbe apétissante » (où un rhinocéros mangeait de l’herbe avec dégoût), « Le singe de nuit », « La mafia » (le loup fumant parle à l’éléphant, son ami mafieux), « Le baillement » etc. Son dessin préféré est « Le bruit » qu’il dessinait en prononçant des sons étranges. En général, Zaquar comparait tous les gens avec les animaux. Et voilà il nous a comparé au chat et à la grenouille. Il y avait une femme qu’il a comparé à un cheval. Cette femme s’est vexée et s’en est allée.


16 ans


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sans titre (Un peu de moi)

Si cela vous intéresse, je peux vous dire que je suis en neuvième. Je vais à l’école 132, j’ai terminé l’école musicale “Sayad-Nova” et ça fait deux ans que je fréquente le club de journallisme “Hey”. Je suis une fille. Si on parle sérieusement, je suis une fille extraordinaire, pas comme personne, mais simplement parce que j’ai des goûts spéciaux. Par exemple, j’aime critiquer même si je sais que ce n’est pas bien. En général, j’aime m’excuser, mais je fais souvent le contraire. Je suis contente de moi quand on ne m’apprécie pas ou quand je cache les fautes d’autrui, mais je ne le fais pas tous les jours. J’aime les moments où il n’y a que moi qui me comprends. J’aime tout planifier, m’étonner, étonner les autres, j’aime mes amis proches et le temps que je passe avec eux. Mais aussi, j’aime rester seule, car je suis une personne indépendante. En tout cas, je fais seulement ce que je veux, je n’aime pas quand les grands me donnent des conseils en disant qu’ils ont plus d’expérience et qu’ils insistent. Je crois, que chaque personne doit obtenir sa propre expérience, naturellement, même en faisait des fautes. Je peux ajouter que je ne supporte pas faire de fautes, surtout quand c’est la seconde fois. Je n’aime pas me trouver dans une situation embarrassante ou voir les autres dans une telle situation. Je n’aime pas quand on ne se confie pas à moi, quand on me sous-estime, quand on a pitié de moi. Je n’aime pas les personnes hypocrites, sans âmes, indignes et les gens plats. Je respecte les gens intelligents, taciturnes, talentieux, travailleurs, sérieux, les gens qui ont de l’amour-propre, les gens érudits et ceux qui respectent l’avis d’autrui. Je vois que la vie est vraiment difficile, si l’homme pouvait bien la diriger et ne pas faire fausse route ! Quant à moi j’ai beaucoup de projets et je veux les réaliser à n’importe quel prix.


15 ans


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sans titre (Un peu de moi)

Autrefois c’était agréable de me décrire. Mais maintenant, c ‘est le contraire. Peut-être que ça se passe avec l’âge, parce que maintenant j’ai des centres d’intérêts plus variés, des désirs, des programmes. Je sais que la psychologie est un moyen de mieux connaître le monde. Ce monde a tant de beautés. Les découvertes et les plaisirs de la beauté sont aussi nombreux. Une de ces beautés est la photographie. Elle m’aide à communiquer avec mon entourage, la nature, l’humanité, et avec l’image, la lumière et les couleurs. En fait, la photographie faite pour les hommes qui ont un esprit créatif.


21 ans


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“Nostalgie” (Une fois chez moi…)

Autrefois le sentiment d’inquiétude était presque toujours présent chez nous. On pourrait dire que cette inquiétude était plutôt de l’agitation, mais il y avait aussi une sorte de nervosité avec cette agitation. Mon frère était un enfant très difficile et ma mère était peut-être un peu novice dans les travaux ménagers. C’est pourquoi elle et mon frère se disputaient toujours. Il était très difficile de trouver un coin à la maison où l’on pouvait se reposer sans entendre leurs discussions à haute voix sur les problèmes de nourriture, de vêtement, et d’éducation. Il y avait encore plus de bruit quand mon frère et moi nous querellions. Par exemple nous nous disputions sur qui devait prendre la télécommande ou qui devait entrer le premier dans la salle de bain pour se brosser les dents. Parfois ces disputes n’étaient aucun prétexte. En général, ma mère ne pouvait rien faire. Elle essayait d’intervenir, de se mêler à notre discussion. Elle criait à tue-tête, elle se plaignait de son triste sort, puis elle s’écartait, épuisée et déçue. Et nous recommencions notre dispute d’autant plus fort. A la fin nous n’en pouvions plus et nous allions nous coucher. Mais on peut raconter aussi les bons jours, où mon frère et moi jouissions de des jeux que nous avions inventés. Nous faisions des nœuds aux pieds de nos collants et nous essayions de marcher ainsi. Nous faisions quelques pas et nous tombions par terre. Parmi les jeux je veux en citer un qui me semble aujourd’hui le plus dangereux. L’un de nous se couchait à plat-ventre sur le bout du tapis que nous avions salé et l’autre se pelotonnait le tapis jusqu’au bout. Aujourd’hui, je ne peux pas me souvenir pourquoi nous faisions ce jeu, mais je me rappelle bien que saler le tapis était une chose essentielle. Celui qui se trouvait pelotonné s’imaginait être un tolma (repas arménien: on roule la viande hachée et salée avec la feuille de vigne). Il essayait de sortir et s’il n’arrivait pas à le faire il appelait l’autre au secours. Puis on échangeait les rôles. Je vais vous raconter maintenant un événement inoubliable pour moi. Ce jour-là, ma mère n’était pas à la maison. Dans le vase il y avait deux bambous que mon frère et moi voulions prendre depuis longtemps. Ce jour-là nous les avons enfin pris et nous les avons coupés en mille morceaux. Toute la maison était couverte de flocons de bambous. Nous étions tout empoussiéré. Et nous ne pouvions même pas voir pas à cause de la poussière et des flocons. Mais c’était un vrai conte de fée pour nous. Tout s’est arrêté quand ma mère est revenue. Après s’être fâchée contre nous, elle s’est mise à ranger la chambre. Mais nous n’avons pas regretté parce que pour nous, nous avions crée un autre monde. Jusqu’à aujourd’hui j’espère recommencer. Cependant, je sais que je n’aurais pas les mêmes sensations. J’ai peur de ne pas trouver le temps de faire une telle folie ou peut-être vais-je manquer un peu de courage. Autrefois, notre maison était plus animée.


18 ans


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“Regard à l’intérieur” (La jeunesse et la paix)

La paix est un sentiment rassurant pour moi, c’est me sentir en sécurité partout. L’existence de la guerre n’est pas obligatoire. Je perds mon calme dans une situation où je me retrouve sans déffense et sans aide. Je traverse la rue et je ne suis pas sûre que je ne passerai pas sous une voiture qui roule à toute vitesse. Je prends le minibus et je ne suis pas sûre que je ne serai pas blessée lors d’une panne. Je suis étudiante, je vais dans la salle de lecture pour lire un livre et je sais d’avance que je ne réuissirai qu’à faire la moitié de ce que j’ai planifié à cause du froid glacial de la salle. Mes amis ne me comprennent pas et je commence à avoir peur de les perdre. Je ne comprends pas mes amis et je commence à douter de mon amitié pour eux. Quelqu’un nous déçoit et finalement, on commence à traiter tout le monde avec méfiance. On ne me croît pas et moi aussi, je perds le désir de croire les autres. Insécurité, peur, angoisse, crainte étrange et méfiance sont à l’origine de tout ça. Inquiétude pour l’ avenir, désir de se perfectionner diminuant petit à petit, espoir pitoyable d’atteindre une chose de valeur, aucune certitude, idées inconstantes, flânant dans les airs au lieu d’avoir un but précis, idées qui ne trouvant pas de soutien et se désagrègent peu à peu. Il est difficile de sentir la paix même dans un pays paisible, si même en gagnant ta vie, tu ne te sens pas en sécurité. Et quand on rencontre les visages sombres des gens, ce n’est pas l’idée de paix qui me vient en tête, mais je me demande comment je vais devoir m’habituer aux gens. Des masques obligés, des conflits déraisonables, une tension, une agression retenue ou une cruelle indifférense... La paix n’est que l’absence de la grande guerre dans l’âme.


20 ans


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“Nous sommes très habiles” (Ecole)

C’est la leçon de physique. Qui va être interrogé? En retenant leur souffle, tous les élèves attendent le choix du professeur. Oh,quel bonheur, ce n’est pas moi ! Mais il faut qu’on trouve comment on aider celui qui répond. Nous essayons de souffler les réponses, mais le professeur comprend et nous dit : «Fermez vos bouches!». Nous cessons de parler, mais nous continuons à lui souffler par les mouvements de têtes. Le professeur, en remarquant, se fâche et crie : «Fermez vos têtes!» et, étonné lui-aussi de ses mots, il commence à rire. Tout le monde rit et celui qui répond reprend son souffle tranquillement. Nous pensons, qu’après tant de rires le professeur ne donnera plus de mauvaise note à personne.


16 ans


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“La victime des jouets” (L’environnement)

On demande à Erik qui n’a pas encore un an et qui aime les voitures. - Erik, dit “maman”. - Tutt (comme il appelle la voiture). - Dit “maman”. - Tutt. - Dit “maman” et je vais t’acheter “Tutt”. - Maman - a dit Erik tout de suite.


14 ans


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sans titre (Confusion)

L’institutrice du cours préparatoire était absente ce jour-là. Comme l’institutrice d’histoire était libre, on l’a envoyée chez les petits. D’abord ils ont écouté attentivement ce qu’elle lisait. Mais ensuite, un garçon qui s’ennuyait pendant la lecture, a ouvert son cartable et s’est mis à fouiller dedans. La prof n’a rien dit, en pensant qu’il allait finir par en tirer un mouchoir ou un stylo. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, il a sorti des petites voitures et il les a rangées sur le pupitre. Quand il a rangé la dernière voiture, il a fermé son cartable. La prof a demandé : - Mon petit, qu’est-ce que tu fais? - Je joue, je suis fatigé - a dit le petit. - Pendant la leçon on ne joue pas. - Range les joujoux, tu joueras pendant la récréation - a dit la prof, - Vous jouerez avec moi? Elle a regardé le garçon avec surprise : - Si vous jouez avec moi je les rangerai. Il n’ avait qu’à consentir. A la fin de la leçon elle a joué avec le petit presque dix minutes.


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“Histoire amusante” (Confusion)

C’est la leçon de physique. Qui est aujourd’hui le malheureux qui va être interrogé ? Heureusement, ce n’est pas moi. Mais que faire pour aider le malheureux à ne pas avoir une mauvaise note ? On lui souffle. Le prof crie: « Silence. Taisez-vous maintenant». Mais on continue à lui souffler. Il a besoin notre aide. On lui fait des signes de tête. Le professeur crie: « Fermez vos têtes ».Sur ses mots il rit. Tout le monde rit. Celui qui répond se sent un peu soulagé, parce qu’après ces rires, on ne lui mettra pas de mauvaises notes.


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“Les victimes du feuilleton” (Confusion)

Aujourd’hui il y a un bon feuilleton – disent les copains aux filles près de l’entrée de l’école. On a décidé de sécher, en vain. Le directeur nous a arrêtés près de l’entrée et il a demandé d’où nous venions. Quand nous avons voulu inventer quelque chose, notre vice-directeur est venu et a dit que nous étions absents depuis le matin. Heureusement, le directeur ne s’est pas fâché contre nous. Il nous a obligés à nous présenter à son bureau. On y est allés. Il nous a demandé la cause notre absence, mais nous n’avons rien répondu, parce qu’il n’y avait pas de cause : « Ils ont séché, donc moi aussi ». Le directeur nous a dit d’écrire ceci : « Je vous prie de m’exclure de l’école si cela recommence ». Nous l’avons écrit, mais après une demi-heure nous avons déchiré et jeté le mot dans la poubelle. Parfois il faut sécher les cours.


14 ans


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