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Journal > Les auteurs |
Les récits de Gor Baghdassaryan
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“Le voyage du riz” (Les contes de table…)Quand ma mère a décidé de préparer un plat avec du riz, ils ont commencé à se plaindre. Quand elle a versé l’eau sur eux, ils ont commencé à crier: - Aidez nous, on nous noit. Puis, quand ma mère a mélangé le riz avec la viande, un des grains a dit: - Cette femme est folle, elle m’a brisé les pieds. Mais en fait, le plat était bon et nous l’avons mangé avec grand appétit.
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“Une histoire qui se répète” (De l’amour...)- Ça va Saq? - Gor, j’ai tant de chose à te raconter. Mais pas ici. C’est un secret. Sarkis s’est tu puis il a dit : - C’est encore arrivé. - Quoi? - Je suis tombé amoureux de nouveau. - De qui? - Elle est très belle avec des cheveux blonds. Elle est grande. - Ah, je suis sur que ça va encore durer deux jours. - Non Gor, cette fois, je suis vraiment amoureux. Les autres, c’était pas sérieux. Tu es encore un enfant et tu ne me comprends pas. Je crois que je vais l’épouser. Je ne peux pas vivre sans elle. Sarkis a répété ces mots toute la journée. Le lendemain, il m’a appelé et m’a dit qu’il était tombé amoureux de la saœur de cette fille dont il était amoureux la veille. Elle était grande, avec des cheveux blonds et des yeux verts. Sarkis était sûr qu’il allait épouser cette fille.
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sans titre (Des histoires effrayantes)Un jour, j’étais allé chez ma grand-mère. Quand je suis sorti de la salle de bain, la maison était silencieuse et la porte était entrebâillée. Tout à coup, j’ai entendu que quelqu’un montait. Il me semblait qu’il était ivre. Je ne le voyais pas, mais j’entendais sa voix. D’abord, je suis restée debout, pétrifiée près de la porte. Il s’est approché de notre porte... À ce moment j’ai repris connaissance et j’ai fermé toutes les serrures de la porte.
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“Les sons des pas” (Des histoires effrayantes)- Vous êtes sûrs de vous ?- a demandé ma grand-mère. - Oui, sûrs - Bien. Nous avons demandé à ma grand-mère qu’elle donne sa petite chambre à mon frère et moi pour la nuit. Lui et mon frère cadet, Hovnane, devaient dormir dans une autre chambre. Et voilà, nous nous sommes couché: Moucher a un peu bavardé et comme d’habitude, il s’est vite endormi. Ma grand-mère et Hovnan aussi se sont endormis. Il n’y avait pas de lumière dans la maison. Et moi, je ne sais pas pourquoi je ne pouvais pas m’endormir. Il faisait froid mais j’avais transpiré. Mais malgré cela, je me suis enfoncé dans la couverture. Soudain, je me suis rappelé que juste devant moi il y avait un grand miroir. Je me suis souvenu des histoires de mes amis où, à la nuit tombée, les diables apparaissent dans le miroir. J’ai fermé les yeux et j’ai enfoui ma tête dans l’oreiller. Tout à coup, j’ai entendu des sons de pas dans le couloir. La porte de notre chambre se trouvait dans le couloir. Les pas n’étaient pas ceux que je connaissais, mais plutôt comme ceux des films de Van Damme, quand le héros marche solennellement avant de tuer l’ennemi. Bien sûr, ça pouvait être mon imagination, mais je ne pensais qu’à cela et je ne pouvais pas ouvrir la bouche. J’ai senti que “Van Damme” et ses pas sollenels venaient vers la porte. Je me suis levé sur-le-champ et j’ai tant secoué Moucher qu’il s’est cogné la tête. - On appelle ça une mentalité déductive - a-t-il grommelé et il s’est endormi. J’ai commencé à trembler et j’ai prié Moucher de se réveiller. Sans succès. Je me suis tu. Je voulais appeler ma grand-mère, mais je patientais. Les pas sont entrés dans la cuisine. Je pouvais supporter cette torture encore un peu, mais quand quelque chose est tombé dans la cuisine, j’en ai eu assez. - Mamie - ai-je crié d’une voix telle, que les murs ont tremblé. Je n’ai entendu aucun son dans les autres chambres. J’ai appelé de nouveau quand quelqu’un a frappé à la porte. J’ai crié de nouveau, mais cette fois-ci pas Mamie. - Ma-ma-n - ai-je crié, et cette fois le tremblement des murs s’est mêlé à celui des fenêtres. Mais ce n’est que ma grand-mère qui est entrée. Je ne raconterai pas la suite, parce que j’ai honte. Le bruit de la cuisine, c’était le grondement du frigo. Les sons des pas sont restées un mystère et peut-être que, après cent ans, on dira de la maison de ma grand-mère: “Selon la légende, un fantôme très effrayant a habité ici…”
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“Un vrai film vivant” (C’est Erévan, je suis dans ma maison)Les livres étaient sur le sol de notre chambre vide. Nous venions de déménager mais nous connaissions déjà nos voisins. Nous faisions des travaux dans notre appartement. Il se trouvait au premier étage et notre balcon était en plein air. Mes voisins en profitaient pour nous regardaient tout le temps. - Qu’est-ce qu’ils ont ajouté? - a demandé une grand-mère et elle s’est installée auprès des autres. Ils avaient déjà mis un banc près de notre balcon. Ils nous suivaient et discutaient de notre avancement. - Ils peignent déjà les murs – a répondu une autre qui découpait des haricots. Ce n’est pas agréable quand quelqu’un observe ton travail, tes actions. J’ai bien vu comment, les travailleurs étaient gênés de cela. - Mais pourquoi vous avez choisi du blanc ? ça se salira vite. Il vaut mieux faire en vert ou rouge - a proposé une autre grand-mère, en prenant son café. Mon père était bien énervé mais il n’a rien répondu. Il était très patient. Quelque temps après nous avons vu des grand-pères qui apportaient une petite table et des chaises pour jouer au trictrac, en suivant nos travaux. - Bonjour, comment allez-vous? - a crié un vieillard en nous saluant. Ils avaient l’habitude de nous parler et nous donner des conseil. - Vous peignez aujourd’hui? Si vous nous l’aviez dit avant, nous vous aurions donner des conseils. - Merci - s’est dit l’un des travailleurs et il a souri à ce vieillard. - Tu ne peints pas bien - adit l’autre. - Ca va, merci - a dit le teinturier en souriant. Jusqu’au soir ils donnaient des conseils. Heureusement qu’ils se coucher tôt. C’est seulement alors que nous pouvions nous reposer. - Je vais déménager - a dit mon père - j’en ai assez de ces gens là. On ne fait pas un spectacle. - Ou un aquarium - a ajouté ma mère. Je voulais dire que ça ressemble plutôt à un zoo mais je n’ai pas pu le dire, parce qu’à ce moment, j’ai aperçu un homme dans la chambre. Il a lentement observer les murs, puis il a demandé. - Vous faites des travaux? - a t-il demandé. Personne n’a répondu. Tout le monde était étonné. - Je le savais - il a continué, puis il a demandé. - Etes-vous fatigué? Aucun réponse. Il a continué. - Au lieu de vous s’asseoir, faites cuire du poisson! J’en vends. Cent drams l’unité. En voulez-vous? Sous nos cris, l’homme s’est éloigné par le balcon. Chaque jour, c’était la même chose. Nous n’avons pas déménagé mais mon père a fermé ce balcon. Nous l’avons convaincu de laisser au moins une fenêtre.
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“La déclaration de Gor” (Lettres, ..)1. Je peux lire dans mon lit tant que mon père ne me fait pas d’objection, mais pas Mouchegh. 2. Je peux regarder la télé et la débrancher moi-même. 3. Je réponds au téléphone quand je veux. 4. Mes notes ne doivent pas influencer mon argent de poche. 5. On va m’emmenera à l’école quand je le dirai. 6. Je dépenserai mon argent comme je voudrai. 7. Je refuse d’aller au magasin plus de deux fois par semaine. Les décisions de maman 1. Penses-tu que tu peux lire jusqu’à perdre la vue. Sois plus sage, pense un peu à l’avenir. 2. Puisque la télé t’hypnotise, je crois que c’est mon devoir de t’éloigner de la télé. 3. Répond au téléphone quand tu veux. Il ne mord pas et tu ne vas pas être malade. 4. Les notes peuvent être directement ou bien inversement proportionnelles à ton argent de poche. Si tu étais fort en maths, tu comprendrais. 5. Mais pourquoi on doit t’emmener à l’école si tu peux y aller toi-même? 6. Je crois que ton argent ne servira pas à m’acheter une serviette pour mon anniversaire. 7. Eh bien, si tu m’aimes pas le magasin, tu peux prendre la liste des courses et tout acheter en une seule fois.
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“Ne m’adressez pas la parole quand je suis en colère” (Pourquoi on ne me comprend pas?)Un jour, j’ai vu mon professeur à l’entrée de l’école. -Pourquoi tu es en retard? - me dit-il. J’ai voulu crier car j’étais très nerveux. Mais cela aurait été une bêtise. Je suis entré dans le bâtiment et je me suis dirigé vers la classe. J’ai ouvert la porte et j’en suis entré. Celui qui faisait la cour s’est fâché contre moi et m’a fait des reproches. Il s’est même mis à se moquer de moi et mes camarades riaient aux éclats. J’étais très fâché mais je n’ai rien pu rien faire sur le moment. La cloche a sonné. J’étais encore fâché. Tout à coup quelqu’un s’est adressé à moi pour me demander quelque chose. Et j’ai commencé à crier à tue-tête. Il s’est offensé.
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sans titre (Un peu de moi)J’ai un caractère incompréhensible. Je pense beaucoup, mais je parle peu, parce que la vie m’a déjà montré les défauts du bavardage. Je pense que j’ai un mauvais caractère. Je me fâche facilement, surtout pour des choses peu importantes. J’aime beaucoup la solitude. Mon caractère est très changeant. J’aime les situations incompréhensibles. Je n’ai pas une style de vie précis, je préfère analyser celui des autres. J’aime deviner les idées de mes amis et je peux garder les miennes pour moi. Je découvre toujours quelque chose. Je communique difficilement. Je suis très fidèle à mes amis. J’aime faire des plaisanterie, mais parfois je ne les réussis pas. Je pense que c’est difficile de me définir.
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“Le printemps” (Les histoires de printemps)- Les enfants! aujourd’hui nous allons écrire une composition sur le printemps. Lucie, viens au tableau et écris le titre! Je vais revenir dans quelques minutes - a dit l’institutrice et elle est sortie de la classe. J’ai écrit le titre : « Le printemps ». Encore le printemps, j’en ai déjà marre. Quand j’entends le mot « printemps », je pense à un papier et un crayon. Tous les jours, nous écrivons sur le printemps. Qu’est-ce que je vais écrire? Au printemps la nature s’éveille, le soleil brille, les feuilles verdissent? Non, ce n’est pas bien. - Gor, Gor, est-ce que tu peux m’aider - s’est écrié Haroutyoun. - Oui – ai-je répondu l’air mécontent. - Ecoute, j’ai un peu écrit, ajoute quelques mots - a dit Haroutyoun. J’ai commencé à lire ce qu’il avait écrit. C’est le printemps, les feuilles ont jauni, les oiseaux se sont envolés vers les pays chauds. - Ce que tu as écrit est faux – ai-je dit, agacé. - Cela ne fait rien, tu n’as qu’à corriger les signes de ponctuation - a dit Haroutyoun. Quand j’ai fini je me suis penché sur mon travail. Mais à ce moment, David a posé une question. Après lui avoir répondu j’ai continué mon travail. J’étais déjà arrivé aux feuilles vertes quand Vahé a dit: - Gor, corrige ce que j’ai écrit, s’il te plaît. - Mais je n’ai pas encore fini mon travail – ai-je répondu. En deux minutes, le travail de Vahé était corrigé. Alors, l’institutrice est entréé dans la classe et elle a dit de ramasser les travaux. Je pense que j’ai du faire beaucoup de fautes. Dehors, c’est le printemps, un vrai printemps qu’on ne peut pas décrire dans les compositions.
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“La séparation” (A ce moment j’ai compris que j’étais devenue grande)- Tu sais que tu vas beaucoup nous manquer? - a dit ma mère en me regardant. - Oui, mais ne vous inquiétez pas – lui ai-je dit. J’ai regardé les membres de ma famille. Mon père ne disait rien. Près de lui, il y avait Mouch et Hon. Hon avait posé sa tête sur le bras de Mouch. Il a baissé les yeux, comme s’il voulait dire quelque chose, pour que je me sente bien, mais il n’a pas pu le faire. De temps en temps, Mouch regardait sur les côtés. - Tu sais que tu vas beaucoup nous manquer - a dit ma mère encore une fois - nous allons compter les jours. - Rentrez à la maison, pour que Mouch et Hon puissent dormir – leur ai-je dit, mais je savais que je devais rester encore longtemps. - Sois prudent! - a dit mon père, en tâchant de donner une nuance d’insouciance à sa voix. - Ne vous inquiétez pas – leur ai-je dit. Enfin, Hon a levé sa tête et il m’a regardé. Il n’a rien dit. Il m’a cligné de l’œil et il n’y a que moi qui l’ai vu. Mouch m’a regardé et m’a souri. A ce moment, il ressemblait beaucoup à ma mère. Ma mère aussi souriait : - C’est l’heure du depart - ai je leur dit. - Sois prudent, je t’en prie - a dit ma mère. - Oui, bien sûr – ai-je répondu pour les calmer. - Tu vas écrire des lettres n’est pas? - Ah, oui. Je me suis avancé lentement en me sentant coupable, comme si je faisais quelque chose de mal. - Rentrez à la maison – leur ai-je dit. Ils n’ont rien répondu. Quand je me suis retourné, tous les membres de ma famille étaient encore là. C’étaient les personnes les plus chers à mes yeux. Hon avait baissé les yeux, Mouch regardait sur les côtés, mon père caressait la tête de Hon et ma mère regardait en souriant. Je m’avançais et je savais qu’ils me regarderaient encore en attendant que je tourne la tête et que j’agite ma main encore une fois. Je n’ai pas pu me retourner, parce que je ne pouvais pas sourire ; mais ils attendaient un sourire.
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“Les lapins” (Une fois chez moi…)Chaque fois, quand ma mère se tournait, je prenais une carotte et la glissais dans la cage des lapins. Il y en avait deux. C’était très intéressant d’observer comment les lapins croquaient les carottes. Cela faisait déjà une semaine qu’ on nous avait offert ces lapins. Depuis leur arrivée, mon frère Mouche et moi passions tout notre temps à côté de la cage. Le matin, les lapins, au petit déjeuner, les lapins, au dîner, les lapins, encore les lapins, et dans le rêve, toujours les lapins. Ma mère répétait sans cesse, que tant de carottes allaient n’était pas bon eux. Mais c’était en vain. Nous ne l’écoutions pas. Nous avons commencé à glisser dans la cage tout ce que nous avions sous la main. Mais un beau jour tout s’est arrêté. Aujourd’hui, je me souviens encore que la viande des lapins avait mauvais goût. Je pense que c’était à cause des stylos que nous avions mis dans leur cage et qu’ils avaient avalés. J’ai mangé un petit morceau, mais cela a suffit à ce que je ne mange plus jamais de cette viande.
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“Les couleurs des ombres” (La jeunesse et la paix)Notre cour était toujours à l’ombre. Comme si le soleil avait oublié de passer au dessus de nos bâtiments. Tous les jours étaient noirs et blancs, je ne ne me rapelle pas d’autre couleur... Mouche et moi étions dans la cour. Il n’y avait plus personne. Tout était dans l’ombre et seuls les yeux de Mouche brillaient comme des étoiles. Cet éclat ne s’arrêtait jamais, même lorsqu’il pleurait. Pas un bruit, le silence qui dominait... Le convoi funèbre passait dans la rue déserte. Il n’ y avait ni musique, ni pleurs. Tous les souliers frappaient de façon monotonne sur l’asphalte, assombrie par la pluie. Voilà le cercueil. C’était un soldat. Il était jeune. - Pauvre enfant... - Il n’a pas pu profiter de la vie. Le convoi a disparu. - Oh, mon Dieu, sa pauvre mère - a soupiré ma mère. J’étais dans les bras de mon père. Les ombres s’éclaircissaient. Comme si quelque chose avait changé. On voyait le tramway au loin. Il était rouge, rouge foncé. Le tramway s’approchait. Il était arrivé près de nous et il s’était arrêté. Qu’il était grand, et qu’il était rouge. C’est la couleur la plus ardente dont je me souviens. J’ai crié quelque chose et comme réponse j’ai vu le sourire de mon père. Les autres gens étaient silencieux. Leurs visages étaient gris, même la couleur de tramway les éclairait pas. Mais cela m’était égal, j’étais heureux, très heureux. Le rouge se reflétait dans mes yeux et la voix de la sonnerie faisait écho dans mes oreilles... Le tramway était à demi-vide. J’étais assis sur les genoux de mon père et je regardais par la fenêtre. Les rues aussi étaient demi-vides et grises. Mais tout était joyeux dans le tramway et les gens semblaient plus joyeux. Mais ce n’était pas grave, mon père souriait et cela signifiait que tout allait bien. Nous sommes arrivés au dernier arrêt... Le bruit de la locomotive s’est transformé en un cliquetis de machine à écrire. Il faisait sombre. Je devais dormir. La lampe à pétrole pétillait, les cliquetis continuaient. Mais je n’entendais plus le bruit, je ne l’entendais plus depuis longtemps, je m’étais habitué. Je voyais ma mère penchée sur la machine à écrire et mon père qui travaillaint sur ses papiers. Une chaleur me venait en les voyant si proche, mais ensuite tout s’est arrêté, tout s’est mis à flotter. Je me suis endormi. Il n’y avait plus de bruit dans les rues et ce n’est que le claquement de la machine à écrire qui rappelait que le monde était vivant... ...Hovnan était né. J’avais déjà sept ans. Nous étions sous la fenêtre de la maternité. Maman nous a montré le nouveau-né. Il était enveloppé dans un voile rouge mais on ne voyait pas son visage. Au lieu de cela, on voyait les yeux de maman brillants de joie. Ils brillaient comme ceux de Mouche et peut-être, quelques années plus tard, ceux de Hovnan allaient briller ainsi. J’ai senti que mon père souriait. Le voile de mon frère étaient rouge foncé, comme le tramway. Moi aussi, j’étais heureux. Les jours sont devenus colorés et le froid s’est un peu atténué. ...Hovnan était à la maison. Mouche et moi le regardions attentivement. Mon frère était dans un lit trop grand pour lui. Il était difficile d’imaginer qu’il y avait un nouveau membre dans la famille. Nous l’aimions et j’ai compris ça quand j’ ai vu comme ma mère et mon père étaient heureux. Quelle chaleur il y avait dans les yeux de Mouche et comme il était gentil, notre petit frère. ...Les voix se sont multipliées, les couleurs sont revenues et maintenant je vois rarement des ombres. Après la naissence de Hovnan, tout a changé, mais maintenant je comprends pourquoi. ...La guerre était finie.
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sans titre (Si je n’existais pas)Si je n’existais pas, ce serait un mal pour tous, ceux pour qui je dois encore écrire des livres. Imaginez-vous, si Asthride Lingrain n’était pas née. Alors, nous ne connaîtrions pas Karleçon. Et Andérsain n’aurait pas de lecteur aussi fidèle que moi.
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sans titre (Si j’étais le ministre de l’éducation)Premièrement, je changerais les moyens d’enseignement. Nous sommes au 21ème siècle mais nous nous instruisons par des moyens simples. On peut apprendre par des ordinateurs et à la place des tableaux-noirs on peut avoir des télés. On continuera bien sûr à utiliser les livres, parce que c’est impossible de résoudre tous les problèmes avec l’ordinateur. J’enrichirais la bibliothèque de l’école et je changerais les programmes de quelques matières. Par exemple, la littérature. Les enfants n’étudieraient pas seulement la littérature arménienne, mais aussi la littérature étrangère. En ayant des ordinateurs et des télés, je ne crois pas que tous les problèmes de l’éducation seraient résolus. Les cahiers et le tableau-noir ne sont pas moins importants, mais si un tel changement se produisait, les enfants iraient à l’école avec grand plaisir.
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sans titre (Que ferais-je si j’avais beaucoup d’argent)Si j’avais beaucoup d’argent j’en donnerais aux mendiants. J’acheterai de beaux cadeaux aux membres de ma famille à la fête du Nouvel an. J’achèterais des cadeaux pour mes amis aussi. J’aime bien me profiter des jours fériés surtout de la fête de Nouvel an, c’est pourquoi j’aime acheter des cadeaux et les offrir à ces occasions.
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“Le samedi volé” (Ecole)Depuis l’année dernière nous allons à l’école, même les samedis. Mais moi, encore aujourd’hui je n’arrive pas à comprendre le sens de cette “nouveauté”. Le but était qu’on ai moins de cours les autres jours. Et nous avons commencé à faire cinq cours par jour au lieu de six. Mais est-ce que ces 40 minutes en moins sont aussi importantes qu’un jour de libre ? En temps, il n’y a aucune différence. Maintenant, nous allons à l’école comme d’habitude, mais avec un jour de plus. Le dimanche nous faisons les devoirs pour le lundi. C’est sur que nous ne nous reposons jamais. Nous passons tout notre temps à l’école. Et je ne parle pas d’un bon repos, qui serait nécessaire dans notre cas. Il ne nous reste pas de temps pour quoi que ce soit. On a volé notre samedi. Mais était-ce bien nécessaire?
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“Les quêtes du manuel” (Ecole)J’étais assis dans un coin de notre maison. J’étais énervé: ma mère me disait que j’étais tombé malade à cause de la télé, parce que je la regarde beaucoup. Qu’est-ce qu’ils me veulent! Ça serait mieux qu’ils fassent attention à mon autre frère. Vous imaginez, il ne trouve même pas son manuel d’arménien pour faire ses devoirs. Bon, c’est bien qu’il le cherche partout, et moi, je vais voir comment il le cherche. Il fouillait toute la maison, mais en vain. Puis, il a commencé à demander: - Alors, où es-tu mon livre, sors s’il te plait, ne te cache pas, j’ai besoin de toi. Ensuite mon frère s’est fâché: - Qu’est-ce qui t’es arrivé. Ah, où es-tu?Je dois faire mes devoirs. Mais le livre n’est pas apparu et n’a pas dit “Voilà Mouchegh, je suis ici”. D’après ce que Mouchegh disait à son livre, on pouvait bien supposer qu’un danger le menaçait: - Ecoute, si je te retrouve je vais déchirer tous tes pages, l’une après l’autre. Ensuite, tu ne me quitteras plus jamais. Tu rêveras même de te trouver dans la bibliothèque de l’école. Mais le livre caché ne prêtait aucune attention aux paroles de mon frère. Ce dernier s’est mis à faire des propositions: - Et si tu sors je vais te relier, je vais effacer tes tâches avec une gomme. Même ces propositions n’ont pas pu le faire sortir. Mouchegh s’est effondré dans un fauteuil, épuisé et désespéré. - Je n’en peux plus – dit-il avec découragement. Et il s’est mis à chanter : - Où es-tu mon livre, où es-tu, où...; où...; où...? Puis il s’est adressé à mon père: - Papa, achète-moi un nouveau livre. Le père a eu pitié: il a été d’accord tout de suite. Mais Mouchegh n’a pas réussi à apitoyer ma mère: elle n’aime pas gaspiller l’argent. - Cherche mieux, tu vais trouver. Si on achète tout ce que tu a perdu on sera ruinés. Ce qui est intéressant c’est que Mouchegh cherche son livre là où il est improbable de le trouver. Il ne demande plus rien, ne chante plus. Il le cherche dans le réfrigérateur, dans la machine à laver et même dans la théière. Un peu plus tard toute la famille, ma mère, mon père et même mon frère cadet, cherchait le livre de Mouchegh. Moi, j’étais déjà dans mon lit. Je donnais des ordres à ceux qui cherchaient ce livre. Je les observais d’un regard brumeux. On pouvait aussi bêcher la maison, ça serait comme si nous cherchions un trésor. En effet, on n’a pas pu trouver le livre. Mon frère a été obligé de prendre celui du voisin. Le lendemain matin, comme toujours, nous sommes allés à l’école. J’ai sorti mon livre d’arménien de mon sac. Et tiens, c’était le livre de Mouchegh qu’on cherchait hier. Mon frère est un garçon très distrait. S’il l’avait cherché dans mon sac il n’aurait pas autant souffert.
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“Arsèn, le «zape», et les imprimeurs de journaux” (Notre rue)Quand nous nous reposions à Tsarkadzor, le son d’une musique se faisait entendre la nuit. - Ca vient des maisons des réfugiés -nous a dit un vieil homme. Nous, les enfants, avons décidé de leurs rendre visite. Je pensais que ces réfugiés ne devaient pas être heureux. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas. Nous avons vu un enfant de mon âge. D’abord, il a eu honte de parler et il s’est caché devant la porte. Puis, il nous a emmené à une carcasse de voiture. Les enfants jouaient dedans. Ce Garçon s’appelait Arsên. Son nom était Grigorgyan. Il avait 9 ans. Nous lui avons demander de nous raconter un peu sa vie. Il nous a dit qu’un jour, il était allé s’amuser avec ses amis, un homme âgé et un peu foi avait voulu les battre à la hache et lui, tel un héros de films, avait sauvé ses amis. Arsên aime beaucoup Tsarkadzor. Ici, il n’y avait qu’un garçon qui énervait Arsên. Il s’appelait Michko. C’était un voyous et un jour, il avait battu un chaton. Puis, nous avons joue du tennis ensemble. Peu après, deux grandes filles se sont approchées de nous et elles ont demandé à Arsên qui nous étions. Il leur a répondu que nous étiez les «imprimeurs des journaux ». Au moment de dire au revoir, il nous a offert des joncs. Chemin faisant, nous avons vu Michko. Il a voulu que nous lui donnions l’un des joncs. Et comme nous savions que c’était un mauvais garçon, nous ne lui avons pas donné.
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“Ne regardez pas par la fenêtre” (Les étrangers, les réfugiés, les émigrants... un de nous)- Quoi de neuf ? - Tu veux que je raconte ? - Oui. Same regardé ses frères. - Alors, raconte, Same! - dit Arame en s’installant dans le lit. - Demain, je dois aller à l’examen. - Tu en as peur? - dit Arame, assis dans un fauteuil roulant. - Non, bien sûr. - Puis? - dit Vahan en s’approchant de son frère avec son fauteuil. - Puis j’irai me promener avec les autres. - Qui sont ces autres? - Mes camarades de classe. - Ils se comportent bien avec toi? - Oui. En entendant cette réponse, Arame a souri comme si c’était une chose très importante. Il a pris son jouet, une voiture, et s’est mis à jouer sur la couverture. Arame était le plus jeune. Une silence a dominé entre eux et a duré quelques minutes. Vahane a repris: - Invite tes amis chez nous, nous aussi, nous allons faire connaissance avec eux. - Je les inviterai un jour. - Quand? - Pendant les vacances. - C’est quand? - Dans un mois. Vous vous ennuyez ? - a demandé Same. - Oui, parce que moi et Arame, nous sommes là toute la journée. C’est bien que tu descendes dans la cour que tu ailles à l’école. - Ne te gêne pas, Vahane. Vous aussi vous sortirez de la maison quand Arame sera rétabli. Vahan a tressailli: leur petit frère était gravement malade et depuis un mois, il était au lit. - Oui, c’est vrai il va guérir bientôt et nous irons nous promener ensemble dans la rue. - Nous aurons la chance d’avoir des amis - s’est presque écrié Arame. - Et tu vas jouer avec eux - a ajouté Same Son petit frère a souri et puis il a dit : - Et est-ce qu’on ira voir la mer. Elle est près de notre maison n’est-ce pas? C’est toi qui me l’as dit, Same. - Oui, on y ira absolument. - Pouvons-nous la voir par la fenêtre? - a demandé Vahane. - Non, on ne peut pas, c’est difficile d’ici. - Same - dit Vahan - tu as beaucoup d’amis dans la cour n’est-ce pas ? - Oui. - C’est bien. - Pourquoi? - Parce que quand je descendrai dans la cour, ce seront aussi mes amis. Leur petit frère s’était déjà endormi. - Same. - Quoi? - Est-ce que Aram sera rétabli?... Il est dans le lit depuis que nous sommes arrivés ici. - Que Dieu nous aide -dit Same - Same, je veux sortir de la maison, je ne veux pas rester comme ça. Je veux avoir des amis, je veux me réjouir, tu comprends...? - Attends un peu, mon frère. Ai un peu de patience, s’il te plaît. - Mon Dieu, jusqu’à quand serai-je vissé à cette chaise d’invalide ? - dit Vahan en pleurant. Son frère Same a baissé la tête. Il n’a pas pu dire un mot. - Bon, je sors - a dit Same. - Tu vas chez tes amis ? - Oui. - Où sont-ils maintenant. - Dans la cour - Ils t’attendent? -Oui. C’est moi qui leur ai dit de m’attendre. - C’est bon comme ça - a continué Vahan - si tu es heureux cela veut dire qu’ Aram et moi, nous sommes aussi heureux. - Vas-y on t’attend - dit Vahan. - Vahan. - Quoi? - Ne regarde pas par la fenêtre jusqu’à ce qu’on soit partis. Puis il a ajouté : - Fais attention à Aram. Je rentrerai tôt. Same est sorti de la maison. Il est descendu dans la cour. Les enfants y jouaient. Soudain l’un des enfants l’a regardé. - Regardez, il est sorti de nouveau. - Hé réfugié. - Où vas – tu? - Et où sont tes frères handicapés? - Vous ne leur permettez pas de sortir? - Mais bouge, qu’est ce que tu fais là? - File d’ici. Same s’est avancé vite et s’est éloigné des enfants. Il n’allait pas au bord de la mer parce que la mer n’existait pas. C’était son imagination qu’il l’avait inventée pour ses frères, pour rendre leurs vies plus intéressante. Same s’est retourné brusquement. Personne ne regardait par la fenêtre de la maison. Bien, c’était le plus important. Il ne voulait pas que ses frères voient comment les autres le traitaient. Leur famille était une famille de réfugiés, enfuie de Bakou pendant la migration forcée. Ses deux frères s’étaient gravement blessés, et Varam était devenu invalide à vie.
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sans titre (L’environnement)Il y a quelques années, quand je plantais un arbre, ma mère a dit étonnée: - Oh, Gor, pourquoi il n’y a pas de feuilles sur ton arbre? Moi aussi je me suis étonné, parce que tous les arbres que j’avais vus étaient squelettiques. En ce temps-là, les grands ne pensaient du tout à la nature. C’est parce qu’il faisait froid et nous aussi, nous avions froid. Beaucoup d’usines qui polluaient notre pays ont fermé. C’est vrai que l’air s’est un peu purifié. Mais le père de mon ami, qui travaillait dans l’un de ces usines, s’est retrouvé sans travail. Ce n’est pas bien quand le père ne travaille pas: ni vêtements chauds, ni nourriture. Et maintenant, je ne sais pas ce qui est bien: vivre affamé et avoir froid ou vivre aisément mais sans arbres et dans un monde sale? N’est-il pas possible de vivre bien et sans gâcher la nature. Je ne sais pas. Mes amis non plus ne le savent pas. Mais nous voyons tout et nous comprenons tout. Maintenant la plupart des choses que nous faisons polluent l’air et la nature: et le parfum et la fumée des voitures et beaucoup d’autres choses. Les grands nous apprennent à préserver la nature, mais ils ne le font pas. Par exemple un père et un fils marchent. Le père jète son paquet de cigarettes et le fils, copiant son père jète son papier de glace. Nous avons décidé d’écrire comment nous imaginons la nature et nous avons publié ce journal.
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“Dans la nature” (L’environnement)Un jour, nous avons décidé d’aller faire une expédition. Les amis de mon père sont venus avec nous. Nous avons pris la tente et nous sommes allés à Haghartsine. L’endroit nous a semblé très confortable. Ma mère et mon père se préparaient à apporter de l’eau de la rivière, quand un tronc est tombé devant eux. On a su qu’on coupait les arbres. Ce n’était pas possible de rester. Nous avons vite rangé les tentes et nous sommes partis de cet endroit où nous n’étions pas les bienvenus. - Plus proche de la ville, c’est mieux - dit l’ami de mon père, et nous sommes allés dans une clairière proche de Dilidjan. Après avoir trouvé une bonne place, nous avons dressé la tente. Mais un peu plus tard, des souris sont apparues d’on ne sait où ; plein de souris. Elles courraient autour de nous sans aucune crainte, elles montaient sur la table. Plus tard, mon père a dit qu’à côté de notre tente, coulait une rivière. Les déchets des habitants étaient déversés dans la rivière là ou nous nous trouvions ; c’est pourquoi, il y avait tant de souris et de rats. Oubliant la fatigue, nous nous sommes enfuit une seconde fois. Nous avons dressé la tente pour la troisième fois, dans une autre clairière. Pendant le repas, l’ami de mon père a levé sa tête et a vu qu’une vache goûtait son repas. Il a commencé à chasser la vache en disant: ”Allez oust!”. De toute ma vie, je n’avais jamais vu de vache pareille. Puis, nous avons ri.
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“Ne parlez pas aux inconnus” (Les récits)Un hôte inattendu frappait à la porte. Un homme a ouvert la porte et il a dit, presque endormit : - Je vous écoute. - Bonjour - a dit l’inconnu d’un air très calme. - Qu’est-ce qu’il y a, un incendie? - Oui, c’est ça. L’homme a voulu se jeter par la fenêtre, mais l’inconnu l’a arrêté. - Attendez, j’ai quelque chose à vous demander. - Pas le temps. - Soyez un peu poli. - Mais qui êtes vous ? - a crié l’homme. - Dites-moi vos nom et prénom. Puis, il a collé un papier sur le mur. Soudain l’homme a senti l’odeur de la fumée. A ce moment-là, le cahier et le stylo se sont enflammés dans la main de l’inconnu. Puis, il s‘est entièrement transformé en brasier et a disparu d’un coup. Voilà les enfants, ne parlez pas aux inconnus.
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