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Journal > Les auteurs |
Les récits de Mané Tonoyan
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“Je suis dans ma maison” (C’est Erévan, je suis dans ma maison)J’étais endormie. J’ai entendu le son de la cloche et j’ai pensé que c’était la cloche de la leçon. Mais je me suis trompée, car en ouvrant la fenêtre j’ai vu la voiture de pain et j’ai compris que c’était lui qui sonnait. Maintenant, je vais à l’école. La rue qui conduit à l’école me fait penser à un chantier pierreux. Il y a beaucoup d’enfants qui vont à l’école par cette rue. - Salut Mané! Est-ce que Sona viendra aujourd’hui? - m’a demandé un camarade de la classe de ma sœur. Sur son visage il y avaient du duvet roux. - Oui, elle viendra – lui ai-je lui dit - elle peigne ses cheveux. Je continue. Dans cette rue, je rencontre souvent mon camarade de classe : - Bonjour - Bonjour – ai-je répondu d’une voix somnolente. Je l’aime bien. C’est mon meilleur ami. Maintenant, je suis à la maison. Il est deux heures. Je dîne tranquillement dans notre cuisine. Dans la cour, il y a beaucoup d’enfants qui jouent. J’entends leurs voix. L’un dit en criant : - Papan, dit à Achot de me donner la bicyclette. - Achot! Donne-la à Gévorg - a dit mon père. Quelque minutes après, j’ai entendu la voix de notre voisine qui appelait son fils. - Tigran! Viens à la maison pour faire tes leçons. - Oui maman, je viens. Pour moi le moment le plus intéressant c’est quand je dois promener mon petit frère dans la cour. Je le promène avec sa poussette. Ainsi, il fait connaissance avec notre cour. On me prend comme une fille étrange car j’ai du mal à faire avancer la poussette. Je passe près de la foule des gars de notre quartier. Tsit, Mkho, Bidza et Abo sont toujours là. A cette heure-là, dans la cour du jardin d’enfants je rencontre souvent l’éducatrice Arous. Je l’aime bien. Pour moi c’est la reine des contes et de la bonté. Ses rides issues des sourires, me rappellent la conte de “Tsimilon” que j’aimais beaucoup quand j’étais petite. Maintenant elle l’a dit aux autre enfants. Après la promenade je rentre à la maison pour faire me leçons. Mais les bruits de la cour ne me laissent pas le faire. J’entend encore des voix perçantes. - Papan! Dit à Gévorg de me donner la bicyclette - Tigran! Viens à la maison, vite! - criait notre voisine. - Mais je veux encore jouer. Il était déjà huit heures et je n’avais encore rien fait. Je ne peux pas raconter beaucoup de choses sur mon quartier parce que je ne sors pas souvent à la cour. Nous allons déménager de notre quartier morne et ennuyeux mais il va me manquer beaucoup.
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“Les pensées sans raison” (Pourquoi on ne me comprend pas?)-Allô! -Allô! Bonjour M, Anie est là? -Attends! - m’a répondu un inconnu d’une voix froide. Il ne me connaissait pas. Mon cœur battait. Enfin il m’a dit : -Anie est occupée, appelle-la plus tard! -Bon, je m’excuse Monsieur. Je me disait : “Ah! Tu n’a pas voulu me répondre parce que tu as trouvé une autre amie. Mais je suis sure que ce n’est pas une vraie amie pour toi. Imbécile! Tu n’imagines même qu’elle te complote et ses intrigues vont t’humilier. Mais fais comme tu veux, je n’y penserai plus. Après dix minutes je l’ai appelée de nouveau: -Allô! Excusez-moi, Anie est encore occupée? -Qui la demande? -C’est son amie Manet. J’ai entendu. -Anie, c’est Manet qui te demande. -Dis lui que je l’appellerai un peu tard. Sa voix était si faible que je n’ai pas pu deviner si elle était en colère. J’entendais la voix de l’inconnu: -Manet, Anie vas te téléphoner. Cette fois-ci j’ai raccroché avec un autre sentiment. Je pensais de nouveau: “ Maintenant je comprends ce qui s’est passé. Tu es fâchée contre moi. Comme tu es bête! Quand je m’amusais avec les autres camarades tu me poussais par derrière. Ce jour-là, tu étais fâchée contre moi. Mais je trouve que si tu étais une vraie amie tu viendrai prendre le téléphone. Aujourd’hui j’étais de bonne humeur mais tu m’as gâché la journée. Je sais que tu vas rester ainsi pendant une semaine. Bon, fais comme tu veux, je ne serai pas contre. Soudain le téléphone a sonné. J’ai décroché: -Allo! Bonjour mon chère amie. Excuse-moi, s’il te plaît! On avait acheté un nouveau meuble et j’étais obligée de ranger les affaires: j’étais vraiment occupée - dit-elle d’une voix heureuse.
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sans titre (Un peu de moi)Quand on lui fait les éloges, elle cache son regard ou bien elle change de sujet. Mais je sais ce qui ce passe avec elle. Ses joues deviennent rouges, des larmes apparaissent dans ses yeux. Elle tâche de cacher tout cela en disant qu’il fait chaud. Elle est gentille, elle fait tout ce qu’on lui demande. - Mané, peux-tu laver les souliers de Mouche? - dit sa mère. - Oui, oui! Le lendemain Mouche reste sans souliers. - Ta sœur est tout à fait différente - dit sa mère - elle ne promet rien et elle ne le fait pas, mais toi... Mané pense qu’il vaux mieux être comme ça, elle ne peux jamais dire “non” Les élèves l’appellent l’Arabe parce qu’elle porte un foulard. Elle a toujours les yeux rouges et gonflés. Soit elle est énervée à cause des garçons, soit parce qu’elle a eu une mauvaise note. Ses meilleures amies l’encouragent. Quand elle marche dans la rue en souriant, les gens pensent qu’elle est folle. Elle fait des gentillesses mais elle attend toujours qu’on lui rende la pareille. Et je veux vous dire encore quelque chose, mais ne la dites pas à Mané. On dit qu’elle a une langue bien pendue. Mais il faut quand même la comprendre. Elle veut dire la vérité, au moins ce qu’elle pense.
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“La philosophie de la guerre” (La jeunesse et la paix)L’homme tue les souris, car on aurait beau leur expliquer de ne pas percer les sacs de blé et ne pas gâcher, elles ne comprendraient pas. Et l’homme est obligé de tuer les souris. De même, l’homme tue les éléphants, les renards, les vaches, les oiseaux car il en tire un grand profit. Des éléphants, il reçoit l’ivoire qui est très précieux, du renard, la fourrure, de la vache, la viande, des oiseaux, les plumes. Faire du profit est une bonne justification pour l’homme. Et c’est la vérité. En plus, l’homme tue l’homme, une nation extermine une autre. Mais ils pourraient négocier et bien s’entendre. Hélas, ils n’arrivent pas à bien s’entendre. Et ainsi commencent les guerres. La aussi on trouve des motivations, il y en a beaucoup: les uns veulent obtenir du pétrole, d’autres une ouverture sur la mer… ainsi on peut dire que tout le monde a de bonnes raisons. Et je ne sais pas si ses causes sont justifiées. Les pays sont grands ou petits, puissants ou faible, riches ou pauvres. Tous les pays sont menacés, pour leur bonne position géographique, les richesses de leur sol. On peut dire que dans le monde, l’homme peut vivre en la paix nulle part. Peut-être toutes les nations vont-elles y penser et cesseront les guerres?
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sans titre (Si j’étais le ministre de l’éducation)La leçon venait de commencer et nous n’avions pas encore ouvert les cahiers de devoirs quand on a entendu la voix de Markos. Comme d’habitude, il demandait un stylo à sa voisine en chuchotant. Puis son chuchotement s’est répandu dans toute la classe et a vite gagné toute la classe. Personne n’avait d’autre stylo. L’institutrice a commencé à dicter. Quelques minutes ont passé. Elle dictait toujours et Markos chantonnait, désoeuvré. Il perturbait la leçon. J’étais obligé de lui donner mon stylo et j’ai commencé à fouiller dans mon cartable une seconde fois, espérant y trouver un stylo. Mais je n’en ai pas trouvé. Je ne pensais pas qu’il y en aurait. Mais j’ai trouvé un crayon. J’ai commencé à écrire dans mon cahier. Markos ne nous dérangeait plus. Il écrivait. La plupart des élèves dormaient déjà, moi je ne pouvais pas dormir, car je savais que je devais effacer tout ce que j’avais écrit au crayon et le ré-écrire au stylo. Bien sur, Markos ne m’a pas rendu le stylo. Si j’étais le ministre de l’éducation je ne punirais pas les enfants qui n’ont pas de stylo parce que, à vrai dire, de temps en temps moi aussi j’oublie mon stylo. Mais... Quand je serai le ministre, comme j’aurai déjà terminé l’école, ça ne me dérangera pas de punir les enfants. Quel bonheur...Quand je serai ministre, mon secrétaire m’apportera un stylo et je serai libre de cette obligation.
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“Histoires printanières” (Les histoires de printemps)Nous étions le premier mars. On avait déjà fini les cours et on était en train de fixer l’heure ou irait chez Anouche. C’était le jour de son anniversaire. On était heureux parce que on n’avait pas invité les garçons de notre groupe. - Bon, les enfants, je vous attends à deux heures chez moi. Ne soyez pas en retard! L’une de nos amies avait oublé que c’était le jour de l’anniversaire d’Anouche et elle avait oublié d’acheter un cadeau. Elle s’est adressée à moi: - Manet, je ne sais pas ou habite Anouche. Peut-être que tu peux m’y accompagner ? Anie et moi avons ri aux éclats. - Anne, ne sais-tu pas ou habite Anouche? - lui ai-je demandé - Si – a-t-elle dit, épeurée. - Anne, ne fais pas comme si tu n’étais pas de notre groupe - lui ai-je dit en souriant. Puis j’ai ajouté: - D’accord, je t’appellerai pour y aller ensemble. - Bon, je file - a dit Anne et elle est partie. J’ai pensé qu’elle se dépêcherait d’acheter un cadeau. «Achète ce que tu veux, le meilleur cadeau sera le mien ». Il était déjà deux heures. J’ai pris le cadeau et quand j’ai voulu sortir, ma mère m’a dit : - Mant, tu n’as pas faim? - Non, maman, je vais à l’anniversaire de mon amie, je mangerai là-bas, ne t’inquiète pas. Chemin faisant, je pensais que j’allais manger des plats savoureux et que j’allais bien m’amuser. J’étais si occupée dans mes pensées que je ne faisais pas attention à l’arrivée du printemps: c’était le premier jour de printemps. En quelques minutes, j’étais chez Anouche. Nous étions en train de bavarder quand le téléphone a sonné. C’était Anne. A ce moment je me suis souvenue que j’avais oublié de l’accompagner. Nous avons convenu de la retrouver dans la rue. Nous l’attendaient depuis plus de dix minutes : - Je crois qu’elle n’a pas acheter de cadeau – dis-je - Je ne sais pas - a répondu Anie. Ça faisait déjà 15 minutes que nous l’attendions. Je crevais de faim. J’imaginais que les filles mangeaient déjà des salades. - Elle va venir, attendons un peu! - proposa Anie. Soudain j’ai remarqué qu’une fille s’approchait de nous. - Je croix que c’est Anne – dis-je. - Non, Manet, tu ne vois pas que c’est une française. Quand elle s’est approchée de nous, on l’a reconnue. C’était Anne. J’étais stupéfaite. Elle s’était embellie et on pouvait à peine la reconnaître. Elle avait fait ses cheveux à la française, avec une pince. Elle portait de belles boucles d’oreilles. Elle minaudait en admirant le beau jour de printemps. - Et nous qui pensions que tu cherchais un cadeau, alors que tu te faisais belle – dis-je en souriant. Nous étions arrivées autour de table. Nous mangions en silence. - Anouche, c’est toi qui as préparé tout ça? - demandai-je. - Non, ma grand-mère. Quand j”ai voulu prendre le premier morceau, j’ai aperçu un cheveu dans mon assiette. La salade m’a dégoûtée. - Anouche, c’est toi qui as préparé cette salade? - demandai-je - Non, toujours ma grand-mère - répondit Anouche en souriant. Oui, c’était vrai, parce que le cheveu était blanc. Quand on m’a demandé pourquoi je ne mangeais pas, j’ai répondu que je voulais porter un toast, et c’était une bonne occasion pour ne pas manger. Je suis partie tôt parce que j’avais autre chose à faire. Le lendemain, j’ai su qu’après mon dépard on avait mangé des glaces. Je me suis réjouie d’être partie plus tôt parce qu’il aurait été difficile de regarder les autres manger des glaces: j’aurais sans doute trouvé un cheveu dans la mienne.
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