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Journal > Les auteurs |
Les récits de Marianna Hovanissyan
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“L’histoire se répète de nouveau” (Notre rue)Il y a plus de dix ans, la famille d’Estère habitait à Kars. C’était une grande famille composée de douze personnes: Estère, son mari et leurs dix enfants. Ils faisaient bon ménage et s’entendaient toujours bien. Quand les massacres des Arméniens ont commencé, Estère et ses enfants ont quitté leur ville, Kars, pour ne pas être tués, et son mari est monté dans les montagnes avec ses voisins pour se défendre contre les ennemis pendant que leurs familles s’éloignaient de la ville. Estère était si troublée qu’elle n’arrivait pas à prendre du pain et à nourrir ses enfants. Le chemin de l’exode était très long. Les enfants étaient épuisés parce qu’ils avaient faim. Estère avait quelques bijoux dans son sac. Elle les vendait pour acheter du pain. Sur le chemin, ses enfants sont morts à cause de la maladie, sauf Margo et Araci. En traversant la rivière Araxe, Estère a jeté dans l’eau ses bijoux pour libérer ses mains et tenir ses enfants. Quand ils sont arrivés à Alexandrapol, ils se sont arrêtés dans la cour de l’église. Avant qu’Estère aille chercher du pain, Araci s’est perdu dans la foule. Estère et Margo se sont mis à le chercher. Elle demandait aux autres s’ils avaient vu son fils, mais les réponses étaient toujours négatives. Après quelques jours, une connaissance d’Estère a dit qu’il avait vu l’enfant dans l’orphelinat américain. Estère y est allée pour reprendre son enfant. Mais les américains ne le lui ont pas donné parce qu’Estère n’avait aucun papier. Il y avait qu’une seule solution pour Estère : voler son enfant. Et elle l’a fait. - Il faut vivre, même avec beaucoup de difficulté - disait-elle toujours. Estère était la grand-mère de ma mère. Entre nous, beaucoup de gens ont vécu la même histoire, ont vu la même chose, les mêmes difficultés. Mais le pire c’est que cette histoire continue aujourd’hui.
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“L’hippopotame offensé” (L’environnement)Récemment, j’étais au zoo. Je passais devant les cages, j’étudiais les animaux et je pensais que c’est très difficile de s’en occuper. Ils ont besoin de choses spéciales. Et puis, quand je suis arrivée à la cage de l’hippopotame, je me suis arrêtée. Pourquoi l’hippopotame ne sortait pas de l’eau et suivait les passants des yeux. Si ce grand animal venait sur terre, toute la foule accourrait et ne le laisserai pas tranquille. On pousserait des cris, on le battrait avec des branches, alors que c’est un animal fort et grand. Naturellement, on fera cela tôt ou tard. L’animal est dans la cage et il ne peut pas se défendre. Il est très fatigué. Et on ne le nourri pas assez pour qu’il puisse faire peur avec sa voix forte. Je me demande : ”Est-ce que les zoos sont nécessaires ? Les animaux méritent-ils de supporter nos plaisanteries et de mourir de faim ? Qui a inventé cette idée “géniale” de créer les cages ? Qui a dit qu’en été, l’ours blanc devait supporter la chaleur. Normalement, même l’hiver n’a pas froid. Mais ce n’est pas tout. Tout cela sert à amuser les enfants. Mais est-ce que c’est agréable pour les petits? Ils les regardent du même regard triste que celui des animaux en cages. Il vaudrait mieux que les parents apprennent à leurs enfants les choses simples : être bon et aimer le monde, plutôt que l’anglais. Peut-être que, alors, l’hippopotame sortira de l’eau.
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sans titre (Confusion)Quand on parle de prof, on a en vu de la corruption. C’est vrai et je vais le prouver. L’une des profs, qui est maintenant exclue, était une femme rusée. A chaque fois que quelqu’un était interrogé, la prof aidait celui qui répondait à faire le résumé. - Quelle est la leçon d’aujourd’hui? - Les acides. - Oh, vous avez des acides, par exemple des légumes marinés chez vous? - Mais oui. - C’est bon. - Oui. - Alors, apporte m’en pour que je goûte. Je vais voir si ta mère la fait bien. Quand je les ai apportés, elle a eu honte, mais elle a mangé dans la classe. Vous savez, elle a oublié qui avait offert la marinade et elle en a parlé aux autres classes. On ne sait pas si elle voulait un pot-de vin ou si elle aime faire des plaisanteries. Je peux raconter une autre histoire qui va vous frapper encore plus. Mais il fait beau, tout va bien. Il faut ne faut simplement pas entrer dans ce jeu-là.
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