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Les récits de Zarouhi Ghoukassyan

Les récits de Zarouhi Ghoukassyan

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“Notre rue” (Notre rue)

La rue Vardanants, dont l’ancien nom est Gnouni, est l’une des anciennes rues centrales d’Erevan. Notre bâtiment se trouve face à la Maison du Cinéma. C’est dans cette rue qu’on célèbre la fête Vardanants, en mémoire de Vardan Mamikonyan. Tout le monde se réunit près de sa statue et se réjouit sous les sons du zourna-dhol. Mais nous aimons surtout la fête de la Transfiguration. On prend des seaux remplis d’eau et on sort dans la rue. Le jour de la fête de la Transfiguration en 2003, nous étions descendus dans la cour. Et nous avons vu la voiture du Général qui habite dans notre cour. Le chauffeur lavait la voiture. Nous avons decidé de “l’aider” et nous avons “attaqué” par les seaux. Et le chauffeur répétait d’une voix vive: “Arrosez, arrosez la voiture”. A ce moment, le Général est venu. Nous sommes restés bouche-bées un moment en voyant cet home audacieux. Mais l’expression de son visage a changé immédiatement, en voyant nos sourires heureux. Il a pris le seau et a commencé à nous arroser.


13 ans


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“C’est toujours la même histoire” (Pourquoi on ne me comprend pas?)

- Maman! Est-ce que je peux attacher mes cheveux comme hier? - Oui – a-t-elle dit. Mais tout à coup, en apercevant mes bagues, elle a dit : - Mais qu’est-ce que c’est que ça? Enlève-les, vite! - Mais je t’en prie, maman! Tout le monde porte des bagues. - A l’école ? - Oui. - Cela ne veut rien dire. - Même les élèves des autres classe portent et des bagues, des bracelets et des colliers. - Ne te compare pas aux autres! A vrai dire, je ne me comparais pas aux autres. Je voulais tout simplement porter une bague, c’est tout. Ma mère ne m’a pas donné la permission - Maman, les enfants de l’autre classe en portent aussi. - Votre professeur va se fâcher contre toi. Sans rien dire, j’ai mis mes bagues sur l’armoire. Chaque fois, c’est la même chose.


13 ans


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sans titre (Qu'est-ce que me touche dans le monde)

Ma mère et moi étions dans la rue et nous entendions les conversations des passants. - As-tu vu ce qu’elle a mis? - Oui, j’ai vu. Elle était laide. Elle ne s’était même pas mis du rouge à lèvres - a dit l’autre. - Ses vêtements étaient déchirés. Son pantalon était sale. - Elle ne fait pas attention à son apparence même en sortant de la maison. En entendant tout ça, j’ai demandé à ma mère. - Maman, pourquoi on critique autant les hommes? - Je ne sais pas - a dit ma mère - Je pense qu’ils ne comprennent pas que ces gens-là n’ont peut être pas la possibilité de bien s’habiller. Ceux qui disent les choses pareilles sont très orgueilleux.


13 ans


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sans titre (Pour la première fois...)

Je faisais du bruit dans la cuisine. J’avais 6 ans. - Qu’est-ce que tu fais? - a demandé ma mère. - Je cherche la casserole en cuivre. - Pourquoi? - Je prépare de la soupe pour mon enfant. - Quel enfant? - Pour mon Anne. Cette ourse que mon père m’avait offert. - Mais quelle soupe tu prépares? - Une bonne soupe avec du vermicelle. Où sont les légumes? Dans le réfrigérateur? - Oui. - Le vermicelle aussi est là aussi? - Oui! - Tu peux venir maman? - Qu’est-ce qu’il y a? - Combien dois-je verser d’eau? - Un verre. - Un verre? - Oui –a-t-elle dit. - Ce n’est pas trop peu? - Non! Un peu plus tard, maman m’a dit: - Ma petite! ton ourse ne vas pas manger cette soupe. Si tu veux, tu peux préparer un peu plus. Ton père viendra et nous mangerons ensemble. - Mais, je ne veux pas. - Je vais t’aider. Tu vas couper les légumes, et moi, je vais apporter le vermicelle. - Comment est-ce que je peux les couper? - Comme tu veux. Puis, je vais peler la pomme de terre, et tu vas la couper, d’accord? - a demandé ma mère. - Oui, maman. J’ai à peine coupé la pomme de terre et les légumes que c’était déjà l’heure du retour de mon père. - Viens papa! je vais te verser de la soupe. Papa est venu. Ça sentait le brûlé. La soupe avait coulé sur le gaz. Nous nous sommes assis autour de la table et nous avons essayé de manger ma “soupe”. Nous avons mangé parce qu’il n’y avait plus rien d’autre à manger. Mon père a mangé avec plaisir ou bien a-t-il feint pour que je ne sois pas vexée? Je ne sais pas.


13 ans


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“C’est le printemps” (Les histoires de printemps)

Au printemps, il y a beaucoup de fêtes. Une des fêtes est la fête des mères et de la beauté, le 8 mars. Ce jour-là, les garçons de notre classe nous avaient préparé des cadeaux. Le matin, ils ne nous ont pas autorisé à entrer dans la classe et nous avons compris qu’ils voulaient nous faire une surprise. Quand nous sommes entrées dans la classe, nous avons vu qu’ils avaient attaché des ballons jaunes, verts, et bleus au tableau. Il y avait des paquets cadeaux pour nous. Les garçons ont commencé à éclater les ballons avec d’aiguilles. Dans les ballons il y avaient des petits morceaux de papiers sur lesquels ils avaient écrit des chiffres ; c’était les numéros de nos cadeaux. La loterie nous a beaucoup plu. Nous avons ouvert nos cadeaux et nous sommes rentrées à la maison, très heureuses.


12 ans


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“Papan, prend-moi dans tes bras, je t’en prie” (A ce moment j’ai compris que j’étais devenue grande)

- Papan, je veux tu me prennes dans tes bras - Je disais comme ça quand j’étais petite. J’avais trois ou quatre ans et je marchais déjà. Chaque fois, quand nous sortions pour nous promener, je me fatiguais vite. Mon père me prenais dans ses bras mais c’était difficile pour lui et rapidement, il me faisait descendre. Aujourd’hui, quand je rappelle tout ça, j’ai envie de rire et je dis souvent en blaguant. - Papan, tu peux me prendre dans tes bras?


13 ans


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“La prière de la solitude” (Notre rue)

Tous les samedis, ma mère et moi allons à l’église Grigor Loussavoritch. Il y a beaucoup du monde à l’église. Nous connaissons une grand-mère qui, à chaque fois qu’elle va à l’église, prie au Dieu de trouver ses fils qui ont été enlevés de leur maison pendant la guerre. Elle est réfugiée. Elle habite dans le jardin d’enfants à côté de notre bâtiment. Et au lieu de jouir de sa vieillesse, entourée de ses fils et petit-fils, elle habite seule dans le bâtiment du jardin d’enfants, regarde les autres enfants, attend et prie Dieu.


13 ans


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