“Les étrangers, les réfugiés, les émigrants... un de nous”
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“Quand j’étais une «étrangère»”
Auparavant quand la situation économique de l’Arménie était très mauvaise, les gens quittait le pays pour aller travailler à l’étranger.
Mon père aussi avait reçu une proposition de travail à l’étranger et notre famille est partie en Suisse.
J’avais 9 ans et je devais aller à l’école. D’abord, il était très difficile de faire connaissance avec les gens, parce que je ne connaissais pas l’allemand. Le premier jour, les élèves de ma classe ne m’ont pas bien accueilli. Ils ne parlaient pas avec moi, ne jouaient pas. Quand je voulais m’approcher d’eux, ils se moquaient de moi. De retour à la maison, je pleurais. Je racontais à ma mère comment ils me traitaient. Elle essayait de me calmer :
- Ne t’inquiète pas, tout ira bien.
Après quelque temps, j’ai pu apprendre l’allemand et j’ai commencé, petit à petit, à me lier d’amitié avec eux. Enfin, nous sommes devenus amis. Nous étions si proches, qu’ils ont même pleuré lorsque que nous nous sommes séparés pour les grandes vacances.
Après les vacances, nous avons eu une nouvelle dans le groupe. C’était une fille avec la peau bronzée. Elle avait les cheveux longs et noirs. Elle avait une mouche noire sur le front. Elle s’appelait Sivacinie. Personne ne parlait avec elle. Tout le monde était grossier avec elle, et ça la vexait. Tout cela, à cause de sa peau. Elle m’a fait pitié parce que je me suis souvenue que j’avais été aussi victime de ce mépris.
Sivacine m’a raconté que sa famille était réfugiée et qu’ils avaient fuit la guerre du Sri Lanka. Les ennemis avaient fait sauté l’école où elle allait. C’était sa sœur aînée qui l’avait sauvée. Elle racontait et pleurait. Elle me disait qu’elle aimerait bien revenir dans son pays où poussaient des palmiers, ou il y avait beaucoup d’éléphants. Elle désirait respirer l’odeur des fleurs de son jardin. Mais c’était impossible car...
Elle aimait dessiner. Mais elle ne dessinait que des éléphants, des palmiers, des cocotiers, une chaumière et un jardin plein de fleurs.
Après quelques années, nous sommes revenus en Arménie.
J’avait déjà compris que le meilleur endroit était là ou tu es né.
Emma Martirossyan 14 ans
Lisez tout les récits (1) de Emma Martirossyan
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“Je suis réfugiée”
«Peut-être que nous, les réfugiés, nous ne nous débarrasserons jamais de cette expression maudite qui nous lie et repousse en même temps de la société». Cette phrase appartient à une femme réfugiée. Elle s’appelle Sousanna Zaxharova. Sa mère a habité dans le quartier Silatchy, jusqu’à l’âge de 23 ans tandis que son père vivait à Bakou. Sousanna est né en 1947 à Erevan et elle y a habité jusqu’à l’âge de 7ans. Puis, elle est partie à Bakou. Après avoir y terminé l’école secondaire, elle est entrée à l’Université d’Etat de Bakou pour faire ses études à la faculté de biologie. Mais elle ne les a pas terminé à cause de sa faible connaissance de l’Azerbaidjanais. Puis, elle a travaillé comme dactylo. Ensuite, elle a eu un fils qui était invalide de naissance. Sousanna était obligée de l’élever toute seule
Maintenant, son fils a 18 ans. Il ne sait pas compter. Mais malgré cela, il tape sans faute d’orthographe et il a une très bonne mémoire. Sousanna s’étonnait de voir son fils taper sans faute parce que personne ne lui avait appris.
Quand, le 13 janvier 1990 les massacres et les expulsions des Arméniens ont été commencé, les Azerbaïdjanais ont brûlé l’unique église arménienne de Bakou. Le 16 janvier, la famille de Sousanna a quitté Bakou. D’abord, ils sont partis pour Krasnovodsk, puis ils sont revenus en Arménie. Un mois après de leur déplacement, la mère de Sousanna est morte. Ensuite, grâce à un de ses parents, Sousanna est entrée au service de l’Institut de recherches scientifiques du traitement des déchets. Elle y a travaillé comme dactylo. Son fils, Valerik, fréquentait l’internat. Dix mois après, Sousanna a quitté la maison de sa tante (sa tente le lui avait demandé) et a déménagé avec son fils dans un appartement qu’ils louaient. Après y être restés un an, ils ont quitté Erevan et elle n’avait plus que son lieu de travail où dormir. En 1994, l’Institut a été fermé et Sousanna a été au chômage. Il était très rare qu’elle trouve des textes à dactylographier. Pour chaque travail, elle recevait 200-300 drams qui ne suffisait qu’acheter du pain. Elle écrivait aussi des articles pour un journal.
Malgré tout ça, Sousanna ne se désespère pas, elle croit en Dieu.
Anna Djavakhyan
Lisez tout les récits (5) de Anna Djavakhyan
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“Le temps de vivre”
Ogsanna est très gentille et intelligente. Après avoir terminé l’école secondaire, elle a décidé d’entrer à l’Institut pédagogique car elle aimait beaucoup les enfants. Mais c’était le moment où l’expulsion des Arméniens a commencé. En 1990, sa famille a été obligée de quitter l’Azerbaïdjan. En ce temps-là, les avions de Bakou ne volaient pas au dessus de l’Arménie. La famille d’Ogsanna était obligée de se cacher quelques jours chez l’un de leur voisin, à cause du danger qui les menaçait partout. Quand la situation s’est calmée, ils sont partis pour Tachkent et, de là, ils sont revenus en Arménie. Sur la route, elle a perdu son père et jusqu’à aujourd’hui elle n’a aucune nouvelle de lui.
La famille d’Ogsanna est composée de six personnes: ses deux sœurs, ses deux frères, sa mère et elle. Sa sœur cadette, Angela, a déjà terminé l’école secondaire et elle veut maintenant faire ses études à la faculté de journalisme. Mais elle n’a pas d’argents pour réaliser son projet. Pourtant, ils étaient riches quand ils vivaient à Bakou. Récemment, pendant le concours de beauté qui avait lieu à leur école, elle a eu le premier prix. La grande sœur et le frère aîné d’Ogsanna se sont marriés, et son frère cadet a fait sa service militaire.
- Ogsanna, comment vous vous débrouillez?
- Quand nous venions d’arriver ici, à Tsarkadzor, il n’y avait que moi qui travaillais. Je touchais 4000 drams qui ne suffisaient pas à nourrir notre famille. Et puis, le travail que je faisais était très difficile. Je faisais la vaisselle, je dressais ou desservait les tables toute la journée. J’étais obligée d’arrêter. Puis, ma mère a trouvé un travail et maintenant, c’est elle qui travaille.
Maintenant, je vais aux cours d’informatique. Quand j’aurai terminé, peut-être que je pourrai trouver un travail convenable pour moi.
Ogsanna nous a dit que les gens ne se comportaient pas bien avec les réfugiés.
- Quand je descends dans la rue - dit-elle - on me regarde avec dédain et je me sens gênée. Est-ce qu’il y a une différence entre nous et vous ? Est-ce que nous sommes coupables d’être «réfugiés».
Malgré les pauvre conditions que la maison des enfants où elle travaille, elle fait son possible pour que les enfants y vivent joyeusement et sans aucun souci. Pour cela, elle organise des soirées, des jeux, des pique nique, des campings etc.
- Vous ne vous ennuyez pas à force de vous occuper toute la journée des enfants?
- Non, qu’est-ce que vous dites ! On nous a invité à Erevan et nous avons obtenu un diplôme d’honneur.
Les enfants qui sont à la charge d’Ogsanna, ne se souviennent pas qu’ils n’ont pas de maisons ou de parents. Chacun d’eux est un prince ou une princesse avec des rêves magiques.
Djulia Ghazaryan 15 ans
Lisez tout les récits (5) de Djulia Ghazaryan
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“Mon ami Nicolas”
Je veux vous raconter d’une famille qui s’est enfui de Bakou et a trouvé refuge en Arménie.
Cette famille est composée de trois personnes: la grand-mère, le grand-père et leur petit-fils. Les grand-parents sont à la retraite. Leur petit-fils, Nicolas, fait ses études à l’école. Son père est mort et sa mère en Russie.
A l’école, dès le premier jour, personne ne voulait être ami avec Nicolas. Il n’avait pas d’ami et n’allait pas jouer dans la cour. On l’appelait «réfugié». Mais après un certain temps, les enfants ont compris que c’était un bon garçon et qu’il méritait un bon traitement.
Maintenant, ses amis le comprennent et l’aiment beaucoup. Nicolas a beaucoup de volonté, il apprend bien ses leçons et, si ses amis se disputent, c’est lui qui résout tous les problèmes.
Aujourd’hui, la famille de Nicola fait bon ménage. Ses membres s’entendent bien, ne plaignent de rien. Ils ne veulent pas se souvenir des jours difficiles qu’ils ont passé.
Edgar Thathikyan 14 ans
Lisez tout les récits (6) de Edgar Thathikyan
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“Zakar”
Zakar a 14 ans. C’est un garçon timide. Nous avons eu du mal à la persuader de nous donner une interview. Il avait peur de nous raconter de sa vie et parlait prudemment.
Il est arrivé en Arménie en 1989. il n’a aucun souvenir de la guerre.
Aujourd’hui, il habite dans l’ancien bâtiment de l’Institut de Bruissov qui ressemble à un édifice que le bombardement a épargné. Il a deux sœurs. Son père fait un travail de forçat et ils vivent petitement. Zakar fait ses études à l’école
- Zakar, as-tu un rêve?
- Non, aucun.
- Et si tu avais beaucoup d’argent, qu’est-ce que tu ferais ?
- Je n’aime pas l’argent.
Zakar aime beaucoup l’Arménie et il ne veut pas quitter son pays natal. Il n’aime pas beaucoup parler et flirter avec les filles.
C’était tout ce qu’il nous a dit et nous avons été obligés de nous en contenter.
Sofa Daniélyan
Lisez tout les récits (4) de Sofa Daniélyan
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“Ça arrive”
L’année passée, quand je me reposais dans le camp de «Archaluice» on nous a dit que nous devions accueillir chez nous les enfants réfugiés. Le chef de notre groupe nous a informé que ces enfants n’avaient pas de parents et nous devions les accueillir très chaleureusement.
Nous les traitions très bien. Nous partagions nos repas avec eux, nous leurs offrions des cadeaux. Il me semblait que tout allait bien que les enfants étaient contents avec nous.
Le dernier jour, quand les enfants ont du nous quitter, le chef du camp leurs a dit d’exprimer leurs impressions en quelques mots. Nous avons été stupéfaits et étonnés quand les enfants ont dit que personne ne les avait jamais aussi mal traité.
Assya Martirossyan
Lisez tout les récits (3) de Assya Martirossyan
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“La création après l’inondation”
Un calme inhabituel dominait dans les foyers étudiants de Nork. La session d’examens d’été était déjà finie. Un groupe d’enfants jouaient dans la cour de l’internat.
A ce moment, nous faisions l’interview de Vacthatsan Mathévossyan. Nous étions installés dans sa chambre, donnée par l’administration de l’internat.
Lui aussi, il était réfugié, enfuit d’Azerbaïdjan pendant la migration forcée. Sa petite chambre était ornée des statuettes en bois, de gravure et d’estampes qu’il avait confectionnées. En revenant de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, il s’était installé dans la maison de repos de Dilidjan qui, selon ses paroles, se trouvait au bout du monde. Il voulait y entreprendre quelque chose pour pouvoir soigner sa sœur cadette et sa mère qui étaient gravement malade. Il a décidé de se mettre à l’art, parce que c’était l’unique moyen d’oublié des violences. Il préparait des statuettes et des gravures en bois, et il les vendait.
Après la mort de sa mère, il est allé à Erevan, la capitale de l’Arménie, avec sa sœur cadette. Ici, à Erevan, on lui avait donné une chambre du foyer étudiant pour y habiter provisoirement. Aujourd’hui, il se peut qu’on le fasse sortir de cette chambre. Malgré les mauvaises conditions de son logis, il n’a pas cesser de faire son son art. Il espère qu’un jour, il aura la chance d’ouvrir sa propre exposition.
A la fin, quand nous l’avons quitté, il nous a offert une de ses œuvres.
Nous voulons vous lui donner les coordonnées d’une femme qui était aussi réfugiée, et qui habitait aussi dans le même internat.
Elle s’appelle Emma Petrossyan. Elle est écrivain. Ses conditions de vie ne sont également pas agréables. On ne lui a donné qu’une chambre étroite et mal meublée. Elle n’a qu’un bureau sur lequel elle travaille et un lit qui a fait la guerre. Récemment, le recueil de ses «Aphorismes» a été publié. Maintenant elle s’occupe de la vente de ses livres.
Emma est une femme sage. Elle a vécu une vie pleine de rebondissements et pleine de difficultés qui sont condensés dans ses aphorismes. En voilà quelques uns :
«Ce qui est déjà abjuré ne va pas t’aider»
«Celui qui dédaigne les mérites d’autrui n’a pas le respect de lui-même»
«En négligeant les défauts de ton adversaire, tu dois aussi tenir compte de ses mérites».
Arpiné Grigoryan
Lisez tout les récits (6) de Arpiné Grigoryan
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“Fermez vos yeux”
Fermez vos yeux et imaginez un instant que vous êtes assis autour de la table, que vous dînez avec les membres de votre famille que vous parler de choses agréables. Et soudain, à cause d’un désastre effrayant vous vous trouvez dans la rue tout seul, sans maison, sans parent, sans aucune aide. Vous êtes obligés de vous enfuir parce que vous n’avez pas d’autre choix, sinon vous êtes mort.
Imaginez que vous avez déjà fuit ce désastre effrayant, et vous vous trouvez maintenant dans une autre ville, dans un autre milieu, tout à fait inconnu pour vous, et vous n’avez rien que vos vêtements. Là, personne ne vous respecte, ni ne vous aime. On vous donne une chaumière parfois sans toit et c’est votre logis. Ignorant la langue de l’endroit où vous habitez, vous vous cognez aux difficultés. Personne ne s’approche de vous. Là, vous ne pouvez pas trouvez de travail pour gagner votre vie.
Et maintenant, ouvrez vos yeux!
C’était un très mauvais sentiment, n’est-ce pas ?
Tous ce que vous venez d’imaginer concerne la vie des réfugiés, dans de telles conditions à cause des guerres ou d’autres catastrophes, et ils ont besoin de notre aide.
David Martirossyan 12 years old
Lisez tout les récits (10) de David Martirossyan
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“Mon père travaille en qualité de «réfugié»”
- Bonjour – ai-je répété.
Après quelques instants, il m’a répondu:
- Bonjour.
- Comment t’appelles-tu?
- Je m’appelles Taron.
- Quel âge as-tu, Taron?
- J’ai sept ans.
- Vas-tu à l’école?
- Non.
- Peut-être que tu iras l’année prochaine?
- Je ne sais pas. Mais j’irai un jour, c’est sûr.
- As-tu des parents?
- Oui.
- Est-ce qu’ils travaillent?
- Oui, ils travaillent en qualité de «réfugié». Mon père travaille en «réfugié» depuis longtemps parce qu’on ne lui donne pas d’autre travail.
- Et qu’est-ce que ça veut dire de travailler en qualité de «réfugié».
- Ca veut dire qu’on t’a donné une maisonnette sale et détruite, et on ne paye pas pour ce travail. C’est pour ça que je ne vais pas à l’école. Mais quand mon papa trouvera un bon travail, j’irai à l’école.
Et quand j’ai voulu lui poser une autre question, il s’est mis à pleurer, brusquement. Je pense que mes questions l’avaient chagriné.
Eléonora Haroutunyan 13 years old
Lisez tout les récits (16) de Eléonora Haroutunyan
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“C’était l’abri des réfugiés”
- Elène, allons chez nous aujourd’hui. Je te montrerai ma chambre. On l’a refaite récemment. Elle est très belle maintenant - m’a dit mon camarade de classe.
- D’accord, mais il faut que je prévienne ma mère.
- Alors, allons à l’internat, nous pouvons appeler à ta mère
Et nous nous sommes dirigées vers l’internat.
Avant, cet édifice était un foyer d’étudiants. Mais aujourd’hui, ce sont les réfugiés qui y habitent.
Nous entrées dedans. Il faisait très sombre. Ca ressemblait à une prison. Nous sommes montées au deuxième étage par les escaliers à demi en ruine. Là, il faisait plus sombre. C’était un long couloir, avec des murs lézardés à cause de l’humidité. Là, le linge était étendu. Contre le mur opposé, à coté de la lessive, il y avait un berceau où un enfant pleurait. Tout à coup, on a entendu un bruit : la porte de la dernière chambre s’est ouverte et j’ai vu sortir un homme. Puis deux hommes l’ont rejoint, et tous les trois ont commencé à allumer le feu. Après quelques minutes, le couloir s’est rempli de lumière. Nous avons vu les gens qui sortaient des chambres situées le long du couloir. Ils se sont réunis autour du feu et une conversation à commencé entre eux. Les hommes parlaient des injustices du monde et les femmes, épuisées, partageaient l’opinion de leurs maris.
Elène Gulnazaryan 13 years old
Lisez tout les récits (9) de Elène Gulnazaryan
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“Je n’ai besoin de rien”
C’était dimanche,.nous allions à Vanadzor en voiture. Soudain, j’ai eu une idée et j’ai dit à mon père :
- Papa, il faut que tu refasses ma chambre. Elle est démodée.
Mon père m’a jeté un regard froid et m’a dit:
- Regarde autour de toi et tu vas comprendre.
J’ai regardé par la fenêtre de la voiture et j’ai vu une maisonnette qui ressemblait plutôt à une niche. Elle avait des murs épargnés par la guerre, et à la place des fenêtres, il y avait des papiers. Mais devant cette maisonnette les petits enfants s’amusaient gaiement. Ils étaient heureux, comme si cette niche était une villa pour eux.
Quand j’ai vu tout ça, j’ai compris tout de suite que ma chambre n’avait aucun besoin de réparation.
Garoun Partagchyan 13 ans
Lisez tout les récits (5) de Garoun Partagchyan
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“Ne regardez pas par la fenêtre”
- Quoi de neuf ?
- Tu veux que je raconte ?
- Oui.
Same regardé ses frères.
- Alors, raconte, Same! - dit Arame en s’installant dans le lit.
- Demain, je dois aller à l’examen.
- Tu en as peur? - dit Arame, assis dans un fauteuil roulant.
- Non, bien sûr.
- Puis? - dit Vahan en s’approchant de son frère avec son fauteuil.
- Puis j’irai me promener avec les autres.
- Qui sont ces autres?
- Mes camarades de classe.
- Ils se comportent bien avec toi?
- Oui.
En entendant cette réponse, Arame a souri comme si c’était une chose très importante. Il a pris son jouet, une voiture, et s’est mis à jouer sur la couverture. Arame était le plus jeune. Une silence a dominé entre eux et a duré quelques minutes.
Vahane a repris:
- Invite tes amis chez nous, nous aussi, nous allons faire connaissance avec eux.
- Je les inviterai un jour.
- Quand?
- Pendant les vacances.
- C’est quand?
- Dans un mois. Vous vous ennuyez ? - a demandé Same.
- Oui, parce que moi et Arame, nous sommes là toute la journée. C’est bien que tu descendes dans la cour que tu ailles à l’école.
- Ne te gêne pas, Vahane. Vous aussi vous sortirez de la maison quand Arame sera rétabli.
Vahan a tressailli: leur petit frère était gravement malade et depuis un mois, il était au lit.
- Oui, c’est vrai il va guérir bientôt et nous irons nous promener ensemble dans la rue.
- Nous aurons la chance d’avoir des amis - s’est presque écrié Arame.
- Et tu vas jouer avec eux - a ajouté Same
Son petit frère a souri et puis il a dit :
- Et est-ce qu’on ira voir la mer. Elle est près de notre maison n’est-ce pas? C’est toi qui me l’as dit, Same.
- Oui, on y ira absolument.
- Pouvons-nous la voir par la fenêtre? - a demandé Vahane.
- Non, on ne peut pas, c’est difficile d’ici.
- Same - dit Vahan - tu as beaucoup d’amis dans la cour n’est-ce pas ?
- Oui.
- C’est bien.
- Pourquoi?
- Parce que quand je descendrai dans la cour, ce seront aussi mes amis.
Leur petit frère s’était déjà endormi.
- Same.
- Quoi?
- Est-ce que Aram sera rétabli?... Il est dans le lit depuis que nous sommes arrivés ici.
- Que Dieu nous aide -dit Same
- Same, je veux sortir de la maison, je ne veux pas rester comme ça. Je veux avoir des amis, je veux me réjouir, tu comprends...?
- Attends un peu, mon frère. Ai un peu de patience, s’il te plaît.
- Mon Dieu, jusqu’à quand serai-je vissé à cette chaise d’invalide ? - dit Vahan en pleurant.
Son frère Same a baissé la tête. Il n’a pas pu dire un mot.
- Bon, je sors - a dit Same.
- Tu vas chez tes amis ?
- Oui.
- Où sont-ils maintenant.
- Dans la cour
- Ils t’attendent?
-Oui. C’est moi qui leur ai dit de m’attendre.
- C’est bon comme ça - a continué Vahan - si tu es heureux cela veut dire qu’ Aram et moi, nous sommes aussi heureux.
- Vas-y on t’attend - dit Vahan.
- Vahan.
- Quoi?
- Ne regarde pas par la fenêtre jusqu’à ce qu’on soit partis.
Puis il a ajouté :
- Fais attention à Aram. Je rentrerai tôt.
Same est sorti de la maison. Il est descendu dans la cour. Les enfants y jouaient. Soudain l’un des enfants l’a regardé.
- Regardez, il est sorti de nouveau.
- Hé réfugié.
- Où vas – tu?
- Et où sont tes frères handicapés?
- Vous ne leur permettez pas de sortir?
- Mais bouge, qu’est ce que tu fais là?
- File d’ici.
Same s’est avancé vite et s’est éloigné des enfants. Il n’allait pas au bord de la mer parce que la mer n’existait pas. C’était son imagination qu’il l’avait inventée pour ses frères, pour rendre leurs vies plus intéressante.
Same s’est retourné brusquement. Personne ne regardait par la fenêtre de la maison. Bien, c’était le plus important.
Il ne voulait pas que ses frères voient comment les autres le traitaient.
Leur famille était une famille de réfugiés, enfuie de Bakou pendant la migration forcée. Ses deux frères s’étaient gravement blessés, et Varam était devenu invalide à vie.
Gor Baghdassaryan 15 years old
Lisez tout les récits (22) de Gor Baghdassaryan
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“En 15 minutes, j’ai appris beaucoup de choses”
Un jour, j’ai décidé de me promener un peu et je me suis perdue. J’ai eu peur et je regrettais déjà d’être sortie seule de la maison. J’ai décidé de frapper à la porte qui était devant moi. C’était une maison avec des portes cochères rouillées. J’ai ouvert la porte et j’ai vu deux enfants de 5 ou 6 ans jouer dans la cour. La fille était debout et sa mère était à côté d’elle. J’ai expliqué à cette femme que je m’étais égarée et je lui ai demandé si je pouvais entrer pour télephoner. Elle m’a dit qu’elle n’avait pas de téléphone, mais qu’elle pouvaient téléphoner de la maison de leur voisin ; et elle m’a invitée à entrer. On pouvait à peine appeler cela une maison. Il faisait très sombre, il n’y avait qu’une chaise, une table et un lit, sur lequel il y avait un homme. La chambre était très petite et j’en suis sortie immédiatement. La fille m’a proposé de me montrer ses fleurs et son jardin. Dans le jardin, il n’y avait que quelques arbres. Elle m’a dit qu’elle avait planté des fleurs dans le jardin, mais qu’elle ne l’avait pas dit à sa mère, de peur qu’elle se mette en colère. Je lui ai demandé quel était son nom. Elle a dit qu’elle s’appelait Ani. En parlant avec elle, j’ai su qu’elle n’allait pas à l’école parce qu’elle aidait sa mère pour le ménage, que son père était malade, qu’elle gardait ses petits frères. Je lui ai demandé d’où ils venaient et elle m’a répondu qu’ils étaient réfugiés. Elle a dit que dans sa ville natale tout était très bien et elle a ajouté que quand elle allait grandir, elle partirait en Amérique. Elle a dit que tous les enfants se moquaient d’elle parce qu’elle était réfugiée, pas une arménienne, et que les réfugiés sont venus pour nuire aux arméniens. Mais elle a dit que quand ses fleurs auraient poussé, tout le monde serait jaloux d’elle, et elle n’en donnerait à personne, car les fleurs seraient ses amies, et on ne trahit pas ses amis. C’est très intéressant n’est-ce pas? Car cette petite fille, en 15 minutes, m’a appris plus de choses, que mes professeurs en 8 ans.
Lousiné Hakobyan 13 years old
Lisez tout les récits (17) de Lousiné Hakobyan
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