“Notre rue”
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“Notre rue”
- Dav chéri, sors et joue un peu avec les enfants – a dit ma mère elle, sans espoir.
- Maman, c’était quand la dernière fois que je suis sorti, pour que tu m’obliges à sortir aujourd’hui? Mais … bon, je vais sortir quelques minutes.
J’ai ouvert et il m’a semblé qu’on tournait un film dans la cour ; chacun était occupé à ses affaires : l’un écrivait par terre avec une craie, l’autre torturait les petits chats, le troisième, son enfant, et quelques jeunes hommes donnaient des ordres aux petits :
- Petit-gros, Petit-gros, va acheter des cigarettes de ce magasin - disait un jeune homme en regardant “Petit-gros”.
A ce moment-là mon attention a été attirée par autre chose. Il y avait une voiture au coin de la rue. Derrière, un groupe de gamins était caché et parmi eux, les deux enfants de notre voisin. J’ai été très étonné quand j’ai compris ce qu’il faisaient. Les enfants avaient apporté deux petits chats et ils les brûlaient. Tout à coup, on a entendu la voix de leur mère fâchée:
- Anne, Anne, qu’est-ce que vous faites?
- Oui, maman, je suis avec Narek!
- Ecoute, qu’est-ce que vous faites?
- C’est bon maman, c’est vrai.
Comme vous l’avez peut-être compris Anne était une fille qui aimait faire des bêtises et sa mère ne disait rien. Puis, j’ai entendu l’aboiment d’un chien et j’ai vu le plus vif des hommes de notre rue, le grand-père Lendrouche :
- Nessi, Nessi - criait le vieillard.
Tout à coup, aux aboiments du chien sont mélés les cries de Margo.
- Sonik! Sonik!
Cette Margo est la fille “chic” de notre rue.
- Vouliez-vous de la pastèque?
- Combien ça coute?
- 100 dram le kilo.
- A, mais nous sommes voisins, pourquoi tu ne me fais pas un prix?
“Les chiens sont tes voisins », a gromelé Margo, mais avec un sourire faux elle a dit :
- Non, Sonik, je ne peux pas vendre bon marché.
Et voilà, à peine sorti, je suis rentré chez moi.
David Babayan 15 years old
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“Le parc”
Je suis encore à la maison. Le téléphone a sonné. C’était mon amie. J’ai bavardé un peu avec elle, puis j’ai propose que nous nous rencontrions au parc. C’était le mois de Juin, mon mois préféré, c’est comme une merveille : quand les grandes vacances sont commencées et que personne n’est encore parti. Mes amis de classe ne me manquent pas au mois de Juin, parce que nous nous voyons au parc, c’est calme, on ne pense pas aux leçons. Ma sœur et mon frère sont déjà prêts. Mon père ne viendra pas avec nous cette fois-ci. Il a décidé de rester à la maison et d’écrire quelque chose, au calme. Ma mère a mis ses chaussures et nous sommes sortis de la maison. Tout le monde pensait que nous allions au parc. Mais moi, je n’allais pas au parc (ne dites à personne). Je vais à la rencontre des merveilles. Je me réjouis quand je vois que les hommes sont tous calmes et ils ne se dépêchent pas. Il fait un peu sombre dans le parc, les arbres sont grands, j’ai l’impression d’être dans une forêt, dans une forêt remplie d’hommes. On peut acheter du tournesol à cette grand-mère avec les cheveux blancs. Bien sûr, elle va insister pour que tous ceux qui achètent du tournesol se pèsent, et moi je vais me peser avec le pèse-personne que je connais. Et elle va répéter mon poids pour la 7e fois de la semaine, la 30e fois du mois, avec un ton doux et agréable. J’aimerais que tous les hommes du monde soient aussi gentils que cette grand-mère. Dans le parc tout le monde discute calmement de leurs difficultés et leurs soucis, parfois même, ils ne s’écoutent pas, ils parlent seulement. Peut-être qu’il n’y a que les arbres qui les écoutent, ou la Rivière, ou le vent. Ce n’est pas important. L’important c’est ce que tous sont paisibles, même très paisibles.
Nané Sahakyan 15 years old
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“Notre rue”
La rue Vardanants, dont l’ancien nom est Gnouni, est l’une des anciennes rues centrales d’Erevan. Notre bâtiment se trouve face à la Maison du Cinéma. C’est dans cette rue qu’on célèbre la fête Vardanants, en mémoire de Vardan Mamikonyan. Tout le monde se réunit près de sa statue et se réjouit sous les sons du zourna-dhol.
Mais nous aimons surtout la fête de la Transfiguration. On prend des seaux remplis d’eau et on sort dans la rue. Le jour de la fête de la Transfiguration en 2003, nous étions descendus dans la cour. Et nous avons vu la voiture du Général qui habite dans notre cour. Le chauffeur lavait la voiture. Nous avons decidé de “l’aider” et nous avons “attaqué” par les seaux. Et le chauffeur répétait d’une voix vive: “Arrosez, arrosez la voiture”. A ce moment, le Général est venu. Nous sommes restés bouche-bées un moment en voyant cet home audacieux. Mais l’expression de son visage a changé immédiatement, en voyant nos sourires heureux. Il a pris le seau et a commencé à nous arroser.
Zarouhi Ghoukassyan 13 years old
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“Le mûrier”
Devant toutes les maisons de cette rue, il y a des mûriers sauf devant celle-ci. Le mûrier n’est pas dans la rue, mais à l’intérieur de la cour de cette maison, et il est tout petit. La grand-mère Varsik, notre voisine, l’a planté récemment. Le mûrier est un arbre résistant, il grandit même dans les poussières des rues, alors que le pêchier et l’abricotier grandissent dans la terre féconde du jardin de la maison. Ils peinent à grandir même dans un milieu idéal, et ils survivent en gromelant. La grand-mère Varsik a fait couper tous les pêchiers de son jardin, puis elle a placé un petit plant du mûrier. Tout le monde sait que le mûrier est l’arbre des enfants, et c’est normal : quel vieil homme peut s’occuper des branches hautes et des fruits du mûrier ? C’est nous qui secouons l’arbre et qui, assis sous l’arbre, mangeons ses fruits.
C’était la fin du mois de juin. Pendant la nuit, j’ai été réveillé par le bruit de la fenêtre ouverte, c’était le vent qui soufflait violemment.
- A-t-on déjà vu un tel vent en été? - ai-je grommelé en délirant et je me suis approché de la fenêtre pour la fermer. J’ai aperçu le jardin de la grand-mère Varsik. Il se tramait quelque chose là-bas. C’était la grand-mère Varsik. Elle roulait une lourde bûche vers les portes du jardin. Le lendemain matin je suis allée chez elle. La bûche était tombée devant les portes. Je suis entrée dans le salon, j’ai vu la photo de son fils au milieu du salon. Son fils s’en était allé parce qu’il n’avait pas de travail. Il s’était marié à l’etranger et il avait eu des enfants. La grand-mère Varsik n’avait jamais vu ses petit-fils. Elle n’avait que leurs photos.
- Bonjour, grand-mère Varsik. Ma grand-mère t’invite à prendre du thé – lui ai-je dit.
- Bon, ma belle, attends un peu. J’écris une lettre à mon fils. Je finis et on ira ensemble. J’espère que ma lettre lui parviendra.
Elle écrivait déjà sa millième lettre, mais aucune d’entre elles n’était pas arrivée à destination.
- Ma petite, tu peux cueillir des cerises pour toi, j’ai mal au dos - a-dit elle.
- Mais pourquoi tu as mal au dos ? - ai-je demandé en cueillant des cerises.
- Cette nuit le vent avait ouvert les portes du jardin, et je me suis levée pour les fermer. J’ai vu que la serrure s’était cassée alors j’ai mis une bûche devant les portes pour qu’elles ne s’ouvrent plus.
- Ah.... mais qui allait y entrer? Le voleur peut ouvrir toutes les portes tu sais.
- Non, je n’ai pas peur des voleurs, il n’y a rien à voler. Mais le vent allait déraciner le mûrier de mes petit-fils, qui est planté près des portes.
La grand-mère Varsik ne pensait qu’à ses petits-fils et son fils. Elle avait planté le mûrier dans le jardin pour que la poussière de la rue n’atteigne pas ses fruits et que ses petits-fils puissent les manger. Le petit plant du mûrier va grandir et va devenir un grand arbre, occupant la plus grande partie du jardin. Mais est-ce que ses petits-fils reviendront un jour à leur pays natal ? Et est-ce qu’ils mangeront un jour les fruits de ce mûrier ?
Lousiné Hakobyan 14 years old
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“La prière de la solitude”
Tous les samedis, ma mère et moi allons à l’église Grigor Loussavoritch. Il y a beaucoup du monde à l’église. Nous connaissons une grand-mère qui, à chaque fois qu’elle va à l’église, prie au Dieu de trouver ses fils qui ont été enlevés de leur maison pendant la guerre. Elle est réfugiée. Elle habite dans le jardin d’enfants à côté de notre bâtiment. Et au lieu de jouir de sa vieillesse, entourée de ses fils et petit-fils, elle habite seule dans le bâtiment du jardin d’enfants, regarde les autres enfants, attend et prie Dieu.
Zarouhi Ghoukassyan 13 years old
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“L’histoire se répéte-t-elle”
Mon grand-père racontait que, il y a quelques années, il y avait des émigrants dans notre village. Ils étaient en de tristes états. Ils n’avaient pas de maison mais ils faisait tout leur possible pour vivaient petitement. Les enfants du village les appelaient en criant:
- Les émigrés, les émigrés.
Ils ne comprenaient pas qu’ils les offensaient et qu’ils attisaient leur chagrin.
- Nous ne sommes pas des émigrants, nous avons un logis - disait le plus petit d’entre eux, en serrant ses petits poings.
Nariné Danéghyan 12 years old
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“Arsèn, le «zape», et les imprimeurs de journaux”
Quand nous nous reposions à Tsarkadzor, le son d’une musique se faisait entendre la nuit.
- Ca vient des maisons des réfugiés -nous a dit un vieil homme.
Nous, les enfants, avons décidé de leurs rendre visite. Je pensais que ces réfugiés ne devaient pas être heureux. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas. Nous avons vu un enfant de mon âge. D’abord, il a eu honte de parler et il s’est caché devant la porte. Puis, il nous a emmené à une carcasse de voiture. Les enfants jouaient dedans. Ce Garçon s’appelait Arsên. Son nom était Grigorgyan. Il avait 9 ans. Nous lui avons demander de nous raconter un peu sa vie. Il nous a dit qu’un jour, il était allé s’amuser avec ses amis, un homme âgé et un peu foi avait voulu les battre à la hache et lui, tel un héros de films, avait sauvé ses amis. Arsên aime beaucoup Tsarkadzor. Ici, il n’y avait qu’un garçon qui énervait Arsên. Il s’appelait Michko. C’était un voyous et un jour, il avait battu un chaton. Puis, nous avons joue du tennis ensemble.
Peu après, deux grandes filles se sont approchées de nous et elles ont demandé à Arsên qui nous étions. Il leur a répondu que nous étiez les «imprimeurs des journaux ».
Au moment de dire au revoir, il nous a offert des joncs. Chemin faisant, nous avons vu Michko. Il a voulu que nous lui donnions l’un des joncs. Et comme nous savions que c’était un mauvais garçon, nous ne lui avons pas donné.
Gor Baghdassaryan
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“Que souhaiterais-je aux réfugiés”
Je voudrais que les turques n’envahissent pas l’Armménie, qu’ils ne brûlent pas les maisons des enfants. S’ils ne les brûlaient pas, les enfants ne quitteraient pas leurs villages natales.
Tsovinar Tallyan
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“Les victimes de la guerre”
Mes proches parents sont réfugiés. Ils étaient neuf et habitaient tous chez ma grand-mère, dans un appartement d’une pièce. Comme c’était l’hiver, nous aussi sommes allés chez la grand-mère, parce que notre maison était grande et froide, et nous n’avions pas la possibilité de la réchauffer.
Il était très difficile de vivre dans un petit appartement à onze personnes, surtout que mon père était le seul à travailler, les autres ne trouvaient pas de travail.
Bientôt, une partie de nos parents est allée à Macis pour y vivre, et les autres sont allés à l’hôtel. Ceux qui étaient partis pour Macis n’ont pas trouvé de travail et ont été obligés d’aller à Moscou. Ils y habitent encore aujourd’hui et gagnent leur vie.
Je voudrais bien que les émigrants aient le travail et un logis.
Konstantine Béguidjanyan
Lisez tout les récits (9) de Konstantine Béguidjanyan
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Je voudrais que les réfugiés oublient leur patries et vivent en Arménie toute leur vie. Je veux que nous nous liions d’amitié avec eux, nous les aidions toujours.
Si je vois que quelqu’un se moque d’un enfant réfugié, je ne laisserai pas faire. Parce que tous les enfants sont egaux et libres et ont le droit d’être heureux.
Naré Aghababyan
Lisez tout les récits (5) de Naré Aghababyan
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“L’histoire se répète de nouveau”
Il y a plus de dix ans, la famille d’Estère habitait à Kars. C’était une grande famille composée de douze personnes: Estère, son mari et leurs dix enfants. Ils faisaient bon ménage et s’entendaient toujours bien. Quand les massacres des Arméniens ont commencé, Estère et ses enfants ont quitté leur ville, Kars, pour ne pas être tués, et son mari est monté dans les montagnes avec ses voisins pour se défendre contre les ennemis pendant que leurs familles s’éloignaient de la ville. Estère était si troublée qu’elle n’arrivait pas à prendre du pain et à nourrir ses enfants. Le chemin de l’exode était très long. Les enfants étaient épuisés parce qu’ils avaient faim. Estère avait quelques bijoux dans son sac. Elle les vendait pour acheter du pain. Sur le chemin, ses enfants sont morts à cause de la maladie, sauf Margo et Araci. En traversant la rivière Araxe, Estère a jeté dans l’eau ses bijoux pour libérer ses mains et tenir ses enfants. Quand ils sont arrivés à Alexandrapol, ils se sont arrêtés dans la cour de l’église. Avant qu’Estère aille chercher du pain, Araci s’est perdu dans la foule. Estère et Margo se sont mis à le chercher. Elle demandait aux autres s’ils avaient vu son fils, mais les réponses étaient toujours négatives.
Après quelques jours, une connaissance d’Estère a dit qu’il avait vu l’enfant dans l’orphelinat américain.
Estère y est allée pour reprendre son enfant. Mais les américains ne le lui ont pas donné parce qu’Estère n’avait aucun papier. Il y avait qu’une seule solution pour Estère : voler son enfant. Et elle l’a fait.
- Il faut vivre, même avec beaucoup de difficulté - disait-elle toujours.
Estère était la grand-mère de ma mère.
Entre nous, beaucoup de gens ont vécu la même histoire, ont vu la même chose, les mêmes difficultés. Mais le pire c’est que cette histoire continue aujourd’hui.
Marianna Hovanissyan 15 ans
Lisez tout les récits (3) de Marianna Hovanissyan
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